Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager Mohammed ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Si une personne délaisse la prière par paresse, et non par déni, elle est considérée — selon l'avis de la majorité des oulémas — comme un musulman désobéissant, et non comme un mécréant. La plupart de ceux qui abandonnent la prière le font par paresse. Le repentir d'une telle personne consiste à reprendre la prière ; il ne lui est pas exigé de prononcer la chahada (les deux attestations de foi) avant de prier, car elle demeure musulmane. Cependant, elle a l'obligation de rattraper les prières manquées, et ce, selon le consensus des oulémas.
En revanche, si une personne nie délibérément le caractère obligatoire de la prière, considérant qu'elle n'est pas une obligation, cela constitue alors une mécréance majeure qui exclut du giron de l'Islam. Une telle personne ne peut réintégrer l'Islam qu'en prononçant explicitement les deux attestations de foi. Certains savants ont toutefois estimé que le simple fait, pour cette personne, d'accomplir la prière suffit à la considérer comme musulmane.
Al-Buhouti, un savant de l'école hanbalite, a mentionné dans l'ouvrage Kashaf al-Qinaa' :
« Lorsqu'un mécréant accomplit la prière ou lance l'appel à la prière (adhan), le jugement est qu'il est considéré comme ayant embrassé l'Islam ; qu'il ait été musulman auparavant ou qu'il ait été apostat, qu'il prie seul ou en groupe, et qu'il se trouve en terre d'Islam ou en terre de mécréance (dar al-harb). » [Fin de citation]
Par ailleurs, il n'est pas tenu de rattraper les prières manquées durant sa période d'apostasie, tout comme un mécréant d'origine n'est pas tenu de rattraper les prières manquées durant sa période de mécréance.
Ibn Taymiyyah — qu’Allah lui fasse miséricorde — a déclaré : « Lorsqu’un apostat embrasse l’islam, il n’est pas tenu de rattraper les prières délaissées durant la période de son apostasie, selon la majorité des oulémas. De même, un mécréant qui se convertit à l’islam n’est pas tenu de rattraper les prières manquées durant la période de sa mécréance ; il existe à ce sujet un consensus parmi les savants. C’est l’avis de Mâlik, d’Abû Hanîfah et d’Ahmad — qu’Allah leur fasse miséricorde — selon la plus manifeste des deux versions rapportées de ce dernier. D’après d’autres versions, l’apostat est tenu de rattraper les prières manquées — c’est d’ailleurs l’avis d’ash-Shâfi‘î —, mais le premier avis est le plus répandu. » [Fin de citation]
Et Allah sait mieux.