Percevoir une somme de l’acheteur en raison de son retard en recourant au mensonge et à la tromperie : jugement et obligation

2-9-2026 | IslamWeb

Question:

La vente d’un appartement à un acheteur a été conclue par l’intermédiaire d’un agent immobilier. Comme je travaille à l’étranger et que je devais voyager, j’avais convenu avec l’agent, avant mon départ, que si la transaction n’était pas finalisée à une date déterminée, je déduirais de sa commission une certaine somme pour chaque jour de retard par rapport à la date convenue pour achever les formalités de vente.
Or, la transaction a effectivement été retardée de deux jours pour des raisons imputables à l’acheteur et nullement à moi. L’agent et moi avons alors convenu de faire supporter cette somme à l’acheteur en raison de son retard. J’ai prétendu que je devrais modifier la date de mon billet d’avion et que ce retard portait préjudice à mon travail, alors que cela était faux. Il faut savoir que j’avais pris mes précautions avant de voyager et prévu une période de congé plus longue afin de parer à d’éventuels contretemps.
Nous avons imposé à l’acheteur le paiement d’une somme à titre de dédommagement. De son côté, il s’était seulement engagé à prendre en charge les frais liés au billet d’avion. Je lui ai toutefois expliqué que la somme réclamée constituait une indemnité pour le retard et qu’elle n’avait aucun rapport avec le prix du billet, et j’ai insisté sur ce point jusqu’à m’être assuré qu’il l’avait bien compris.
L’acheteur a payé cette pénalité de son plein gré, d’autant plus que ce retard était dans son intérêt, puisqu’il lui permettait d’éviter de payer certaines sommes représentant plus de quatre fois le montant de la pénalité de retard, grâce à la modification du contrat de vente sur certains points le concernant.
Y a-t-il donc quelque chose de répréhensible dans cette pénalité ?

Réponse:

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :


Vous devez vous repentir auprès d’Allah pour le mensonge et la tromperie auxquels vous avez eu recours.


Quant à la somme que l’acheteur vous a versée sur la base de ce mensonge, il ne vous est pas licite de la conserver. Vous devez la lui restituer, de quelque manière que ce soit, à moins que vous ne lui révéliez la vérité et qu’il accepte de vous en faire remise.


Ce que vous avez indiqué en disant : « d’autant plus que ce retard était dans l’intérêt de l’acheteur, puisqu’il lui permettait d’éviter de payer certaines sommes représentant plus de quatre fois le montant de la pénalité de retard… » ne vous autorise pas à percevoir cette somme en mentant à l’acheteur.


L’imam Ahmad rapporte en effet dans son Musnad, d’après Abû Humayd as-Sâ‘idî, que le Messager d’Allah () a dit : « Il n’est pas permis à une personne de prendre injustement les biens de son frère, car Allah a rendu inviolables les biens du musulman à l’égard du musulman. »


An-Nawawî écrit dans Rawdat at-Tâlibîn : « Les oulémas de notre école ont dit : le repentir entre le serviteur et Allah — exalté soit-Il —, par lequel le péché est effacé […] consiste à regretter l’acte commis, à y renoncer immédiatement et à prendre la ferme résolution de ne pas y revenir […]. Et si le péché concerne un droit patrimonial — comme le fait de ne pas acquitter la zakât, l’usurpation ou les atteintes portées aux biens d’autrui —, il faut en outre s’acquitter de ce droit : en versant la zakât, en restituant aux gens leurs biens s’ils existent encore, en leur en remboursant l’équivalent s’ils n’existent plus, ou en demandant au détenteur du droit de vous en délier, s’il accepte de le faire. » Fin de citation.


Et Allah sait mieux.

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