Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
En principe, l’épouse doit répondre favorablement à son mari lorsqu’il l’invite à avoir des rapports conjugaux, et il ne lui est pas permis de s’y refuser sans excuse valable. Le Prophète (
) a dit : « Lorsqu’un homme invite son épouse à partager sa couche et qu’elle refuse de venir, puis qu’il passe la nuit mécontent d’elle, les anges la maudissent jusqu’au matin. » Rapporté par al-Boukhârî et Mouslim.
Cependant, le mari est également tenu de se comporter convenablement envers son épouse et de prendre en considération son état ainsi que les circonstances qui l’entourent. Allah le Très-Haut dit : «Et comportez-vous convenablement envers elles » (Coran 4/19).
Les jurisconsultes ont par ailleurs précisé que les rapports conjugaux doivent avoir lieu dans un endroit préservé des regards, de façon que personne ne puisse voir les époux ni entendre ce qui se passe. Ibn Qudâma a dit dans Al-Mughnî : « Il ne doit pas avoir de rapports avec elle dans un endroit où quelqu’un pourrait les voir ou entendre leurs bruits. »
Par conséquent, si l’épouse demande que les rapports conjugaux soient différés de quelques heures, le temps que leurs enfants adolescents regagnent leur chambre ou s’endorment, par crainte qu’ils n’entendent quelque chose, il n’y a aucun mal à cela. Il ne s’agit pas d’un refus, mais seulement d’un bref report destiné à préserver l’intimité et la discrétion, auxquelles le mari devrait lui-même être encore plus attentif.
En revanche, si la chambre est fermée et que les enfants ne peuvent ni voir ni entendre quoi que ce soit, le simple fait qu’ils soient encore éveillés dans la maison n’empêche pas, du point de vue religieux, les rapports conjugaux. Néanmoins, le mari doit prendre en considération les sentiments de son épouse, tant que le délai demandé reste bref et ne lui cause aucun préjudice.
En conclusion, l’épouse peut, dans cette situation, demander que les rapports conjugaux soient différés pendant un court moment, sans être pour autant considérée comme désobéissante envers son mari, dès lors qu’elle ne les refuse pas, mais demande seulement qu’ils aient lieu à un moment garantissant l’intimité et la sérénité. Il convient au mari d’accepter sa demande, car la vie conjugale repose sur l’affection et la bienveillance mutuelle.
Et Allah sait mieux.