Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Votre formulation : « Elle n'est plus ma femme » ne constitue pas une formule explicite de divorce, mais relève de la métonymie / métaphore (kinayah), susceptible de désigner le divorce comme de signifier autre chose.
Al-Kasani (qu'Allah lui fasse miséricorde) a écrit dans Bada'i‘ as-Sana'i‘ : « Si un homme dit à son épouse : "Tu n'es pas ma femme", ou s'il lui dit : "Je ne suis pas ton mari", ou encore si on lui demande : "As-tu une femme ?" et qu'il répond : "Non" : s'il affirme avoir voulu mentir, on le croit sur parole, qu'il soit dans un état d'apaisement ou de colère, et le divorce n'est pas effectif. S'il dit : "J'avais l'intention de divorcer", le divorce prend effet selon l'avis d'Abou Hanifa. En revanche, Abou Youssouf et Mouhammad ont soutenu que le divorce ne prend pas effet, même s'il en avait l'intention. » [Fin de citation]
Il est mentionné dans Al-Mudawwanah : « J'ai demandé : quel est ton avis si un homme dit à son épouse : "Tu n'es pas ma femme" ou "Tu n'es plus une épouse pour moi" ; cela constitue-t-il un divorce selon l'avis de Malik ou non ? Il a répondu : Malik a dit : cela ne constitue pas un divorce, à moins qu'il n'en ait eu l'intention. » [Fin de citation]
Al-‘Imrani (qu'Allah lui fasse miséricorde) a précisé dans Al-Bayan fi Madhhab al-Imam ash-Shafi‘i : « S'il dit à son épouse : "Tu n'es pas ma femme" en ayant l'intention du divorce... cela constitue un divorce... Notre preuve réside dans le fait que cette expression est susceptible d'impliquer le divorce. » [Extrait résumé]
Al-Rouhaybani (qu'Allah lui fasse miséricorde) a affirmé dans Matalib Ouli an-Nuha, un des ouvrages de référence du droit hanbalite : « Sa parole : "Tu n'es pas ma femme" relève des métaphores implicites (al-kinayat al-khafiyyah). » [Fin de citation]
Or, les expressions implicites n'entraînent pas la dissolution du mariage sans intention délibérée. Ibn Qudama (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit dans Al-Moughni : « La métaphore n'entraîne pas le divorce sans que l'on en forme l'intention. » [Fin de citation]
Par conséquent, si vous n'aviez pas l'intention de répudier votre épouse par cette expression, le divorce ne prend pas effet.
En revanche, si vous aviez l'intention de prononcer le divorce par cette phrase, il prend effet. L'adjonction suspensive de la volonté divine ne saurait vous être d'aucune utilité après avoir gardé le silence sans excuse valable ; en effet, les juristes qui n'appliquent pas le divorce suspendu à la volonté divine posent comme condition impérative la continuité immédiate de la restriction avec la formule de divorce, sans interruption par un silence ou d'autres paroles.
Il est mentionné dans Al-Binayah Sharh al-Hidayah : « Si un homme dit à son épouse : "Tu es répudiée, si Allah le Très-Haut le veut", en liant immédiatement les termes, le divorce n'est pas effectif... Et la continuité immédiate signifie que son propos "si Allah le Très-Haut le veut" ne soit pas séparé de sa parole "tu es répudiée" par d'autres propos ou par un silence. » [Extrait résumé]
Il est rapporté dans Al-Iqna‘ d'Al-Mawardi (qu'Allah lui fasse miséricorde) : « S'il lui dit : "Tu es répudiée si Allah le veut", ou "quand Allah le voudra", ou "par la volonté d'Allah", elle n'est pas répudiée s'il prononce cela de façon immédiatement liée. » [Fin de citation]
Ash-Shirazi (qu'Allah lui fasse miséricorde) a affirmé dans Al-Mouhaddhab : « La clause d'exception n'est valide, dans tous les cas susmentionnés, qu'à la condition d'être immédiatement contiguë au propos. Si elle en est séparée sans excuse valable, elle n'est pas valide, car la règle d'usage relative à l'exception est d'être liée au discours. » [Fin de citation]
Al-Mardawi (qu'Allah lui fasse miséricorde) a précisé dans Al-Insaf : « S'il dit : "Tu es répudiée, si Allah le veut", elle est répudiée... et telle est la position de doctrine de l'école [hanbalite]. » [Fin de citation]
Et Allah sait mieux.