Renoncer à propager le bien par crainte de l’ostentation fait partie des ruses de Satan

22-9-2026 | IslamWeb

Question:

Depuis des années, et avant qu’Allah ne m’accorde la grâce de la rectitude (al-istiqâmah), j’aimais apprendre ce que je jugeais utile, puis l’enseigner aux gens et leur en faire bénéficier. Je veillais à corriger mes erreurs dès qu’elles m’apparaissaient, et j’éprouvais de la joie à aider autrui ou à constater l’impact positif de mes actions. J’allais même parfois jusqu’à faire passer l’intérêt d’autrui avant le mien, au point d’en souffrir psychologiquement. Louange à Allah qui m’a guidé et a grandement réformé ma situation.
Après avoir retrouvé le droit chemin, j’ai conservé ce désir de transmettre ce que j’apprends. Cependant, lorsqu’il s’agit d’aborder les questions religieuses, je crains de tomber dans l’ostentation (ar-riyâ’) et le manque de sincérité (ikhlâs). Il m’arrive d’apprendre une chose utile ou de trouver une cause qui m’a soutenu dans ma rectitude, et je pense immédiatement à la façon de la diffuser auprès des gens pour leur être profitable.
Par ailleurs, je travaille dans le marketing digital. Avant mon repentir, j’ai commis certains actes illicites, tels que filmer des femmes non voilées, utiliser de la musique et diffuser des contenus en comportant. Depuis mon repentir, je souhaite mettre mon expérience au service du bien : avertir les professionnels du marketing contre les interdits dans lesquels ils risquent de tomber, exposer les alternatives licites, et partager certains moyens qui m’ont aidé à rester sur la bonne voie.
Toutefois, je crains que le véritable mobile ne soit l’amour des compliments ou de l’éloge des gens — d’autant plus qu’avant ma rectitude, je reconnaissais apprécier les louanges, bien que j’aimasse également aider autrui et lui être utile.
Comment distinguer entre le désir sincère d’être utile aux gens en propageant le bien, et l’ostentation mêlée au goût de la louange ? Le simple fait de se réjouir que les gens tirent profit de ce que je fais, ou d’avoir peur de céder aux compliments, nuit-il à la sincérité de l’intention ? Et comment rectifier mon intention pour ne pas renoncer à propager le bien par peur de l’ostentation, sans pour autant y sombrer tout en croyant bien agir ?
Qu’Allah vous récompense en bien.

Réponse:

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :


Nous demandons à Allah d’accroître votre guidée et de vous raffermir dans le bien.
Nous vous recommandons de prendre garde aux insufflations (waswâs) relatives à l’ostentation, car elles constituent l’une des ruses de Satan pour détourner le musulman du bien.
Continuez donc à diffuser le bien et la science utile, et n’y renoncez point par crainte de l’ostentation. Luttez contre votre âme pour rectifier votre intention, implorez le secours d’Allah et placez votre confiance en Lui afin qu’Il vous accorde une intention vertueuse. Nous vous rappelons ce que le Prophète () avait recommandé à Abû Bakr (qu’Allah soit satisfait de lui) lorsqu’il lui dit :
« Par Celui qui détient mon âme entre Ses mains, le polythéisme (l’associationnisme) est plus furtif que la marche d’une fourmi. Ne t’indiquerai-je point une formule qui, si tu la prononces, t’en débarrassera, qu’il soit infime ou important ? Dis : "Ô Allah, je cherche refuge auprès de Toi contre le fait de T’associer quoi que ce soit en le sachant, et je Te demande pardon pour ce que j’ignore." » (Rapporté par Abû Ya‘lâ al-Mawsilî, et par al-Boukhârî dans al-Adab al-Mufrad, et authentifié par al-Albânî).


Il est mentionné dans Al-Âdâb ash-Shar‘iyyah d’Ibn Muflih :
« Il arrive à l’individu, lorsqu’il souhaite accomplir un acte d’obéissance, qu’une pensée surgisse en lui pour le pousser à l’abandonner, de peur qu’il ne soit accompli par ostentation. Ce qui convient, c’est de ne pas prêter attention à cela. L’homme doit accomplir ce qu’Allah — Puissant et Majestueux — lui a ordonné et à quoi Il l’a incité, tout en sollicitant l’aide d’Allah, le Très-Haut, et en s’en remettant à Lui pour que l’acte soit accompli conformément aux prescriptions légales. »


Le cheikh Muhyî ad-Dîn an-Nawawî (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit :
« Il ne convient pas d’abandonner l’évocation d’Allah (dhikr) de la langue et du cœur par crainte que l’on ne soupçonne de l’ostentation ; il convient plutôt d’évoquer Allah par l’une et par l’autre, en ne visant que la Face d’Allah, Puissant et Majestueux. »
Il a également cité la parole d’Al-Fudayl ibn ‘Iyâd (qu’Allah lui fasse miséricorde) :
« Délaisser l’œuvre pour les gens est une ostentation, et agir pour les gens est une forme d’associationnisme (chirk). Si l’individu ouvrait sur lui la porte de la considération du regard des gens et de la méfiance envers leurs suppositions erronées, la plupart des portes du bien lui seraient fermées. »


Abû al-Faraj ibn al-Jawzî a dit :
« Quant à l’abandon des actes d’obéissance par crainte de l’ostentation : si le motif incitant à l’acte est étranger à la religion, cet acte doit être abandonné car il constitue un péché. Mais si le motif est d’ordre religieux et accompli pour Allah, Puissant et Majestueux, avec sincérité, il ne convient pas de délaisser l’action puisque le mobile initial est la religion. De même, si l’on abandonne l’acte par crainte qu’on ne dise de vous que vous êtes un hypocrite/ostentateur, cela ne convient pas, car cela relève des pièges de Satan. »


Ibrâhîm an-Nakha‘î a dit :
« Lorsque Satan s’approche de toi pendant que tu es en prière et te dit : "Tu cherches à te faire remarquer", prolonge-la davantage. » [Fin de citation].


Et Allah sait mieux. 

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