Notre situation difficile nous autorise-t-elle à recourir au financement à intérêts ?

23-9-2026 | IslamWeb

Question:

Maman de 3 enfants, Al hamdoulilah. Mon fils est autiste sévère, non verbal, avec déficience mentale. Scolarisé dans une structure spécialisée je fais 150 km/jour. Chaque soir il a un suivi médical, vital pour son maintien, son développement. Son petit frère a aussi des soins. Mon mari travaille de nuit, pas de transport en commun. Nous n’avons ni famille ni amis pour nous aider. Notre voiture, achetée comptant sans ribâ il y a 4 ans, vient de lâcher. Un financement à intérêts est-il permis ?

Réponse:

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

Si le fait de ne pas posséder une voiture neuve vous expose à une gêne et à des difficultés considérables, et que vous ne trouvez aucune solution licite et réalisable, telle que la réparation de l’ancienne voiture ou toute autre solution, il vous est alors permis de conclure la transaction mentionnée.
Il est indiqué dans les fatwas du Conseil européen de la fatwa, fatwa no 13/32 :
« Étant donné qu’un intermédiaire intervient dans la transaction, à savoir la société de financement, qui verse à votre place le montant dû à la société automobile, puis le récupère auprès de vous avec des intérêts, il s’agit d’un prêt procurant un avantage. Or, tout prêt qui procure un avantage constitue de l’usure.
Comme chacun le sait, l’usure fait partie des choses dont la noble législation islamique a très sévèrement interdit la pratique. Allah, le Très-Haut, dit :
{Alors qu’Allah a rendu licite le commerce et illicite l’usure.} (Coran 2/275)
Et Il dit également :
{Ô vous qui avez cru ! Craignez Allah et renoncez à ce qui reste de l’usure, si vous êtes croyants. Et si vous ne le faites pas, alors recevez l’annonce d’une guerre de la part d’Allah et de Son Messager. Mais si vous vous repentez, vous aurez droit à vos capitaux : vous ne léserez personne et vous ne serez point lésés.} (Coran 2/278-279)
Ibn ‘Abd al-Barr a dit : “Tout supplément stipulé dans un prêt, ou tout avantage dont bénéficie le prêteur, constitue de l’usure, ne serait-ce qu’une poignée de fourrage. Cela est interdit lorsque cet avantage a été posé comme condition.” » Al-Kâfî (2/359).
Il n’est donc pas permis de recourir à cette transaction, que ce soit pour acheter une voiture ou tout autre bien, sauf si vous avez réellement besoin d’une voiture, au point que son absence vous expose, vous et votre famille, à une gêne et à des difficultés, et que vous ne trouvez aucun moyen d’acheter une voiture répondant à vos besoins, que ce soit au moyen de votre épargne ou par l’intermédiaire d’un prêt sans intérêt. Dans ce cas seulement, il vous est permis de recourir à cette transaction. Fin de citation.

Et Allah sait mieux.

www.islamweb.net