L'ajout « ses péchés passés et futurs lui sont pardonnés » est-il authentiquement établi dans le hadith relatif à la réponse à l'appel du muezzin ?
19-10-2026 | IslamWeb
Question:
Quelle est l'authenticité de ce hadith, qu'Allah vous bénisse ?
Abû ʿAwâna a dit :
« Al-Rabîʿ ibn Sulaymân nous a rapporté : Shuʿayb ibn al-Layth nous a rapporté ; et al-Saghânâ ainsi que Muhammad ibn ʿAmir nous ont rapporté : Yaḥyâ ibn Ishâq al-Sâlimînî nous a rapporté, disant tous deux : Al-Layth ibn Saʿd nous a rapporté, d'après al-Hukaym ibn ʿAbd Allah ibn Qays, d'après ʿAmir ibn Saʿd, d'après Saʿd ibn Abî Waqqâs, disant : Le Messager d'Allah (Salla Allahou Alaihi wa Sallam) a dit :
“Quiconque entend le muezzin...” — et Ibn ʿAmir a dit : “Quiconque dit au moment où il entend le muezzin : J'atteste qu'il n'y a de divinité digne d'adoration qu'Allah...” — il a dit : “J'atteste qu'il n'y a de divinité digne d'adoration qu'Allah, j'agrée Allah comme Seigneur, l'Islam comme religion et Muhammad comme prophète” — et Ibn ʿAmir a dit : “comme messager” — “ses péchés passés et futurs lui seront pardonnés”.
Un homme lui demanda alors : “Ô Saʿd ibn Abî Waqqâs” — et Ibn ʿAmir a dit : On lui demanda : “Ô Saʿd, ses péchés passés et futurs ?” Il répondit : “C'est ainsi que j'ai entendu le Messager d'Allah (Salla Allahou Alaihi wa Sallam) le dire.”
Telle est la version de Yahyâ ibn Ishâq. Quant au texte de Shuʿayb, il énonce : “Quiconque dit au moment où il entend le muezzin : Et moi j'atteste qu'il n'y a de divinité digne d'adoration qu'Allah...”, et il mentionna un propos analogue d'après le Prophète (Salla Allahou Alaihi wa Sallam).
Abû Ibrâhîm al-Zuhrî nous a rapporté : ʿAmr ibn Khâlid et Yahyâ ibn Bukayr nous ont rapporté d'après al-Layth une version semblable. »
J'ai lu par ailleurs un hadith similaire portant la mention : « ses péchés lui sont pardonnés ». La variante textuelle : « ses péchés passés et futurs lui sont pardonnés » est-elle dès lors authentique ?
Réponse:
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Le hadith mentionné est, dans son fondement textuel, authentique et solidement établi : Il a été rapporté par l'Imam Mouslim dans son Ṣahîh, ainsi que par les auteurs des Sunan — Abû Dâwûd, At-Tirmidhî, An-Nasâ’î et Ibn Mâjah — par la voie de transmission d'al-Layth ibn Saʿd, d'après Al-Hukaym ibn ʿAbd Allah, d'après ʿAmir ibn Saʿd, d'après son père Saʿd ibn Abî Waqqâs (qu'Allah soit satisfait de lui), d'après le Messager d'Allah (
) qui a dit :
« Quiconque dit au moment d'entendre le muezzin : “Et moi j'atteste qu'il n'y a de divinité digne d'adoration qu'Allah, Seul et sans associé, et que Muhammad est Son serviteur et Son messager ; j'agrée Allah pour Seigneur, Muhammad pour Messager, et l'Islam pour religion” — ses péchés lui seront pardonnés. »
Dans certaines variantes recensées par Ibn Khuzaymah et Ibn Hibbân, il figure la formule :
« ...ses péchés passés lui seront pardonnés (ghufira lahu mâ taqaddama min dhanbihi). »
Quant à l'adjonction de la mention « et futurs » (wa mâ ta'akhkhara), elle a été transmise par Abû ʿAwâna dans son Mustakhraj. Or, il s'agit d'une addition non préservée (ziyâda ghayr mahfûza). Le cheikh Al-Albânî a souligné dans Sahîh At-Targhîb wa-t-Tarhîb :
« Abû ʿAwâna a ajouté : "et futurs". Ibn Hajar a gardé le silence à son égard dans Al-Mukhtasar, mais il s'agit d'une variante isolée et anomalique (shâdhdhah). » Fin de citation.
Cette analyse critique se trouve par ailleurs confortée par la version rapportée par Ibn Abî Shayba, où le hadith est consigné sous la formulation : « ses péchés lui seront pardonnés ». Un homme demanda alors :
« Ô Saʿd, ses péchés passés et futurs ? »
Saʿd répondit : « Non, c'est ainsi [sans cet ajout] que j'ai entendu le Messager d'Allah (
) le dire. »
Et Allah sait mieux.