Témoignage en faveur d'une personne aux fins d'hériter en la croyant fils du défunt, avant qu'il ne s'avère qu'elle ne l'est pas

27-10-2026 | IslamWeb

Question:

J'ai récemment témoigné en faveur d'une personne afin qu'elle puisse hériter. Or, cette personne est en réalité adoptée et n'est pas le fils biologique du défunt, ce dernier étant stérile ; toutefois, elle est inscrite sur le livret de famille en tant que son fils. Quelque temps auparavant, je pensais qu'il s'agissait réellement de son fils. Lorsqu'on m'a appelé à témoigner, j'ai trouvé le juge en train de rédiger l'acte ; j'ai signé, puis je suis parti.
Ma question est la suivante : cela est-il constitutif d'un faux témoignage ? Si oui, dois-je accomplir une expiation (kaffâra), sachant que je le regrette profondément ?
Qu'Allah vous récompense en bien.

Réponse:

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager Mohammed ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :


Le faux témoignage (chahâdat al-zûr) consiste à attester de ce qui est contraire à la vérité. Il compte parmi les péchés majeurs (kabâ'ir), formellement interdits et sévèrement réprouvés. Il est notamment rapporté dans le Sahih d'Al-Boukhari et d'autres recueils, d'après Abou Bakra (qu'Allah soit satisfait de lui), que le Messager d'Allah () a dit :
« Ne vous voulez-vous pas que je vous dise quels sont les plus grands péchés ? » Nous dîmes : « Certes oui, ô Messager d’Allah ! » Il dit : « Le polythéisme (donner à Allah un associé), l'ingratitude filiale » Il était alors accoudé, puis il s'assit et ajouta : « ... le mensonge et le faux témoignage ! le mensonge et le faux témoignage ! » Il ne cessa de le répéter au point où je me dis : « S'il pouvait s'arrêter ! » 
Al-Hâfiz Ibn Hajar a déclaré dans Fath al-Bârî :
« Le critère du faux (al-zûr) réside dans le fait de décrire une chose de façon contraire à sa réalité effective. » [Fin de citation]


Par conséquent, si au moment de prêter serment ou de témoigner, vous avez attesté de faits contraires à ce que vous saviez [alors pertinemment], vous avez commis un faux témoignage. Empressez-vous de vous repentir auprès d'Allah, le Tout-Puissant, et multipliez les demandes de pardon.
Pour que votre repentir soit complet, vous devez vous présenter devant la juridiction auprès de laquelle vous avez témoigné pour déclarer la nullité de votre témoignage, et préciser que la personne dont vous avez attesté la filiation n'a aucun lien de parenté par le sang (nasab) avec ledit défunt.
Il est mentionné dans Al-Iqnâ' fî hall alfâz Abî Shujâ' :
« Il est exigé, pour le repentir d’un péché d’ordre verbal, une rétractation verbale ; l'intéressé dira ainsi : "Mon accusation diffamatoire est nulle, je la regrette et je ne la réitérerai point." De même, pour le faux témoignage, il déclarera : "Mon témoignage est nul et non avenu, et je le regrette." Quant au péché non verbal, son repentir requiert le délaissement de l'acte, le regret sincère, la résolution ferme de ne plus récidiver, ainsi que la réparation du préjudice causé à autrui si des droits sont en jeu. » [Fin de citation]


En outre, le témoignage que vous avez apporté peut engendrer de nombreux préjudices et désordres juridiques graves : la personne en faveur de laquelle vous avez attesté la filiation appréhendera indûment des biens successoraux revenant à autrui et sera rattachée illicitement à une lignée familiale. Compte tenu des risques et conséquences néfastes incommensurables qui en découlent, hâtez-vous de réparer ce que vous avez faussé et de régulariser la situation, car l'affaire revêt une extrême gravité.


Et Allah sait mieux.

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