Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager Mohammed ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
L’épouse du frère ne fait pas partie des proches avec lesquels il est religieusement obligatoire de maintenir les liens de parenté. Cette obligation concerne les personnes auxquelles on est lié par la parenté de sang, comme les frères et sœurs, les oncles et les tantes paternels et maternels.
Bien qu’elle ne relève pas de cette catégorie, elle est musulmane et bénéficie, à ce titre, des mêmes droits aux bonnes relations que tout autre musulman. En principe, il est donc interdit de lui tourner le dos, de lui nuire ou de rompre les relations avec elle sans motif religieusement valable. Le Prophète (
) a dit :
« Ne vous haïssez pas, ne vous enviez pas et ne vous tournez pas le dos. Soyez, serviteurs d’Allah, des frères. Il n’est pas permis à un musulman de rompre les relations avec son frère au-delà de trois jours. » Rapporté par Al-Boukhârî et Mouslim.
Si le fait de limiter les appels et les contacts avec elle permet de prévenir les conflits et d’éviter la colère de votre mère, il n’y a pas de mal à réduire les échanges au strict minimum, en se contentant de la saluer et de se comporter convenablement avec elle lors des rencontres occasionnelles, sans rupture illicite ni mauvais traitement.
Par ailleurs, la bienfaisance envers sa mère est une obligation majeure, parmi les plus fermement établies dans la Loi islamique. Allah, exalté soit-Il, dit :
« Ton Seigneur a décrété que vous n’adoriez que Lui et que vous traitiez vos père et mère avec bonté. » (Coran 17/23]
Cependant, l’obéissance aux parents se limite à ce qui est convenable. Il n’est donc permis d’obéir à personne lorsqu’il s’agit de commettre une injustice envers autrui, de nourrir de l’envie à son égard ou de porter atteinte à son foyer. Le Prophète (
) a dit :
« Il n’y a pas d’obéissance dans la désobéissance à Allah. L’obéissance ne concerne que ce qui est convenable. » Rapporté par Al-Boukhârî et Mouslim.
L’attitude appropriée consiste à agir avec tact et ménagement : ne commettez aucune injustice ni aucun abus envers l’épouse de votre frère, et ne rompez pas les relations avec elle pour satisfaire votre mère. Dans le même temps, évitez d’afficher vos échanges avec elle devant votre mère, afin de ne pas provoquer sa colère et son agitation.
Si vous savez avec certitude qu’un conseil adressé directement à votre mère entraînera un préjudice plus grave — par exemple, qu’elle cesse de vous parler et que son irritation et son obstination s’accentuent —, il faut alors privilégier la prévention de ces préjudices et changer de méthode, en renonçant à la confrontation et à la discussion directe. Le conseil est en effet un moyen de parvenir à une amélioration ; s’il entraîne au contraire un mal plus grand, l’obligation de réprouver verbalement ce comportement auprès d’elle cesse, tout en maintenant sa réprobation dans le cœur.
Parmi les moyens de remédier à la situation figure également le rappel indirect : lui faire écouter des exhortations générales ou des émissions religieuses portant sur la pureté du cœur, le mérite de contenir sa colère et la nécessité de se préserver de l’envie, sans lui adresser personnellement ces propos.
Si une personne jouit auprès de votre mère d’une estime particulière et exerce une influence sur elle — un oncle maternel, un savant ou un aîné de la famille, par exemple —, vous pouvez solliciter son aide pour la conseiller avec douceur et sagesse.
Accompagnez tout cela d’invocations insistantes à Allah, afin qu’Il éloigne d’elle les suggestions de Satan et la jalousie, et qu’Il unisse les cœurs.
Sachez également que soutenir votre frère victime d’injustice est une obligation religieuse. Le Prophète (
) a dit :
« Porte secours à ton frère, qu’il soit oppresseur ou opprimé. » Rapporté par Al-Boukhârî.
Ce soutien consiste à l’affermir, à le réconforter par votre présence morale et à l’encourager à continuer de faire preuve de bienfaisance envers sa mère et à supporter patiemment le tort qu’elle lui cause, dans l’espoir d’une immense récompense.
Il consiste aussi à l’aider à ménager sa mère, en lui conseillant de limiter les occasions où son épouse se trouve en sa présence, afin de prévenir les frictions, sans pour autant léser les droits de son épouse ni compromettre son foyer.
Sachez enfin que soutenir votre frère n’implique pas d’entrer en conflit avec votre mère ou de la confronter d’une manière qui aggraverait sa colère contre lui et augmenterait sa souffrance. Cela exige plutôt sagesse et douceur envers toutes les parties.
Et Allah sait mieux.