Quel est le jugement concernant celui qui retarde volontairement la prière du Duhâ jusqu'à l'accomplir pendant un temps où la prière est réprouvée (waqt al-karâha) ? Relève-t-il du même jugement que celui qui a oublié ou qui y est contraint ? Et sa prière est-elle alors acceptée ?
Qu'Allah vous récompense par le bien.
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Le temps de la prière du Duhâ commence lorsque le soleil s'est élevé de la hauteur d'une lance au-dessus de l'horizon et se termine peu avant le zénith. Il est dit dans les Fatwas du cheikh Ibn 'Uthaymîn :
« Le temps de la prière du Duhâ commence lorsque le soleil s'est élevé de la hauteur d'une lance, c'est-à-dire environ un quart d'heure ou un tiers d'heure après son lever, et se prolonge jusqu'à peu avant le zénith. Quant à la période qui précède immédiatement le zénith, elle est d'environ cinq à dix minutes seulement ; c'est, selon l'avis prépondérant, le plus court des temps durant lesquels la prière est interdite. »
Celui qui retarde délibérément la prière du Duhâ jusqu'à l'accomplir pendant un temps d'interdiction commet un acte illicite. Il ne relève ni du jugement de celui qui a oublié, ni de celui qui y est contraint. Il est dit dans Al-Mughnî d'Ibn Qudâma, avec le Mukhtasar d'Al-Khiraqî, après avoir évoqué les temps d'interdiction des prières surérogatoires :
« Question : Il a dit : "Durant ces périodes, on ne commence aucune prière surérogatoire." Je ne connais aucune divergence au sein de notre école sur le fait qu'il n'est pas permis d'entamer une prière surérogatoire qui n'est pas motivée par une cause particulière. Tel est également l'avis d'Ach-Châfi'î et des hanafites. »
Par ailleurs, celui qui retarde volontairement la prière du Duhâ jusqu'au temps où elle est réprouvée n'en obtient aucune récompense, car sa prière n'est, à l'origine, pas valablement constituée. Certains savants ont en effet explicitement indiqué qu'une prière n'est pas valide lorsqu'elle est volontairement reportée à un temps de réprobation. Il est ainsi rapporté dans Futûhât al-Wahhâb, plus connu sous le nom de Hâshiyat al-Jamal (école chaféite) :
« En revanche, si une personne retarde volontairement une prière à rattraper afin de l'accomplir pendant les temps réprouvés, ou entre dans la mosquée avec la seule intention d'accomplir la prière de salutation de la mosquée durant ces temps, alors la prière n'est pas valablement constituée. »
Et Allah sait mieux.
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