Authenticité et signification de cette parole : « Si je dénigrais un homme en disant qu’il a été allaité par une chienne, j’aurais peur d’être allaité par une chienne. »
Fatwa No: 403549

Question

Quel est le statut de cette parole attribué à un successeur des compagnons : « Si je dénigrais un homme en disant qu’il a été allaité par une chienne, j’aurais peur d’être allaité par une chienne. » Et est-ce que cela est vrai ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

Ces propos ont été attribués directement au Prophète () mais ils ne sont pas authentiques. Dans son livre Tarikh Baghdad, Al-Khatîb rapporte selon Ibn Mas’ûd que le Prophète () a dit : « Les épreuves sont liées aux propos prononcés. Si un homme en dénigrait un autre en disant qu’il a été allaité par une chienne il en serait allaité. » Ibn Al-Jawzi a dit dans son livre Al-Mawdû’ât : ce hadith n’est pas authentique. Fin de citation. Ibn Rajab et Al-Albânî l’ont également jugé faible.

Ibn Abi Shayba dans son livre Al-Musannaf rapporte d’Ibrahim : Abdullah a dit : « Si je me moquais d’un chien j’aurais peur de devenir un chien. » Dans la recension du livre Shathri a dit : ‘la chaîne des transmetteurs de ce récit est discontinue, Ibrahim n’a pas pu l’entendre de Abdullah’. Fin de citation.

Ibn Abi Shayba dans son livre Al-Musannaf rapporte d’Abu Moussa Al-Ach’arî : « Si je me moquais d’un homme que je vois en train de téter le lait d’une chèvre sur la route, j’aurais peur de ne pas mourir sans l’avoir tété moi aussi. » Shathri dit que la chaine de ce récit est bonne. Fin de citation.

Al-Dinouri dans son livre Al-Mujalasa rapporte du successeur nommé ‘Amr ibn Sharhabîl : « Si je dénigrais un homme en disant qu’il a tété une chèvre j’aurais peur de la téter moi aussi. »

Quoiqu’il en soit, ces récits mettent en garde contre le fait de se réjouir du mal qui touche une personne et que celui qui agit ainsi sera puni par le même mal !

Tirmidhi rapporte de Wathila ibn al-Ashqa’ que le Prophète () a dit : « Ne te réjouis pas du mal qui touche ton frère car Allah pourrait lui faire miséricorde et t’éprouver. » Tirmidhi a qualifié ce hadith de Hasan, Gharîb (bon et rapporté d’une seule voie). Ibn Al-Jawzi affirme qu’il n’est pas authentique et Al-Albânî le juge faible.

Ibn Al-Qayyim a dit dans son livre Al-Furûsiyya : ‘Quand un adversaire s’élance et commet une faute, on ne doit pas le dénigrer ou se moquer de lui car ce comportement est mesquin. Bien rares sont ceux qui réussissent en agissant ainsi. Celui qui critique son prochain sera critiqué. Celui qui se moque de son prochain sera l’objet de moquerie et celui dénigre son frère pour ce qu’il a fait sera forcément éprouvé par ce même fait.’ Fin de citation.

Dans son épître intitulé Al-Farq Bayna An-Nasihat wa At-Ta’yir, Ibn Rajab dit : Celui qui répand une mauvaise image de son frère, épie ses fautes et dévoile son intimité. Allah en fera de même avec lui et le dévoilera aux yeux des gens même s’il se trouve au fond de sa maison. Comme cela a été rapporté du Prophète () par plus d’une voie. Ahmad, Abu Daoud et Tirmidhi l’ont rapporté selon de nombreuses chaines de transmission.

Tirmidhi rapporte de Wathila ibn al-Ashqa’ que le Prophète () a dit : « Ne te réjouis pas du mal qui touche ton frère car Allah pourrait l’épargner et t’éprouver. » Tirmidhi a dit que ce hadith est Hasan, Gharîb. Il rapporte également un hadith de Mu’adh qui le tient directement du prophète () : « Celui qui dénigre son frère pour un péché ne mourra pas avant de l’avoir commis. » Mais sa chaîne est discontinue.

Al-Hasan a dit : Il était courant qu’on dise : « Celui qui dénigre son frère pour un péché dont il s’est repenti ne mourra pas avant qu’Allah ne l’éprouve par ce péché. »

Un hadith est également rapporté d’Ibn Mas’ûd dans ce sens mais avec une chaîne comportant une certaine faiblesse : « Les épreuves sont liées aux propos prononcés. Si un homme en dénigrait un autre en disant qu’il a été allaité par une chienne il en serait allaité. » Des propos aux sens similaires ont été rapportés par un certain nombre de pieux prédécesseurs.

Quand Ibn Sîrîn du s’endetter et fut arrêté pour ce fait il dit : « Je sais quel est le péché que j’ai commis et qui me vaut cela. J’ai dénigré un homme il y a quarante ans et lui ai dis ‘ ô toi qui a fait faillite ! ‘

Et Allah sait mieux.

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