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Que faire de l'argent gagné illicitement après être revenu dans le droit chemin

Question

Assalamou aleykoum, Il y a un frère en Islam, au début il était dans la débauche, genre il n'était pas trop attaché à la religion ni à l'exécution des ordres d'Allah, il pratiquait les trafics en ligne sur le net jusqu'à ce qu'il ait eu beaucoup d'argent. Maintenant par la permission d'Allah, il est revenu dans la religion, il s'est repenti de son mal passé, donc maintenant machallah il est trop attaché à la religion mais le seul problème, est que l'argent qu'il a amassé dans le trafic, il l'utilise pour faire un commerce qui lui rapporte des revenus (vente des téléphones par exemple) ! La question est, quel est le jugement de cet argent, de son commerce ainsi que du gain issu de ce commerce ! Que doit-il faire pour que ça soit licite pour lui ? Encore peut-il donner la Zakat dans cet argent ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons.

Cet homme n’a pas à s’acquitter de la Zakat de l’argent qu’il a acquis par des arnaques sur Internet. Celui qui détient de l’argent illicite n’en est pas le propriétaire, pour la simple et bonne raison qu’il ne l’a pas acquis par voie légale. Et c’est pour cela que, quelle que soit la période de temps écoulée, il doit restituer cet argent à ses vrais propriétaires ou à leurs héritiers après eux.
Il est mentionné dans l’Encyclopédie koweitienne du fiqh : « L’argent illicite qui a été obtenu par une voie illégale, comme l’argent usurpé, ou volé, pot-de-vin, l’argent provenant du Riba ou de n’importe quel autre moyen frauduleux n’est pas considéré comme réellement possédé par celui qui le détient et la possession totale d’un bien est une condition requise pour le soumettre à la Zakat. En plus, la Zakat purifie les biens et leur propriétaire. Allah dit : « Prélève une aumône sur leurs biens pour les purifier et les rendre sans taches. » Coran (9/103). Le Prophète () a dit : « Allah n’accepte pas l’aumône faite par un ghalûl (trompeur). »
L’argent mal acquis est un argent sale que rien ne peut purifier. Cet argent doit être restitué à ses vrais propriétaires ou bien à leurs héritiers, s’ils sont connus. Si ses propriétaires ne sont pas connus, alors celui qui le détient doit le dépenser dans des actes de charité, afin de s’en débarrasser et non afin d’en faire aumône et il n’y a aucune divergence sur ce point entre les adeptes des écoles juridiques sunnites.
Les oulémas ont une divergence d’avis concernant l'argent qu'il a gagné en faisant le commerce avec l’argent illicite. L’avis prépondérant est celui qui stipule qu’il doit se partager les bénéfices générés grâce à ce commerce avec les propriétaires de cet argent ou à défaut leurs héritiers. Et s’il craint de ne pas pouvoir les retrouver, alors il devra le dépenser dans des actes de charité, afin de s’en débarrasser, tout en mettant l’intention que cette aumône soit faite au profit des propriétaires réels de cet argent.
Ceci étant l’avis choisi par Cheikh al-Islam Ibn Taymiyya, qu’Allah lui fasse miséricorde. Il est mentionné dans Majmou’ al-Fatawa : « Quant à l'argent usurpé, si l'usurpateur invertit cet argent dans une activité commerciale licite jusqu'à ce qu'il lui rapporte des bénéfices, le statut de ces bénéfices fait l’objet de divergence entre les oulémas : est-ce qu’ils appartiennent au propriétaire de l’argent usurpé seul, ou doivent-ils être donnés en aumône ou appartiennent-ils aux deux (le propriétaire de l’argent et l’usurpateur). Le dernier avis est le plus juste car les bénéfices ont eu lieu grâce à l’argent du premier et le travail du second et ils doivent se les partager équitablement comme s’ils étaient des associés et ne sont pas tenus d’en faire aumône. » Fin de citation
Il a mentionné aussi dans le même livre :
« Celui qui a de l'argent dont on ne connaît pas les propriétaires, comme l’argent usurpé ou volé, wadî’â (dépôt) etc. et qui est dans l’impossibilité de les connaitre, selon l’avis d’Abû Hanîfa, de Malik et d’Ahmed, il doit le donner en aumône au profit de ses propriétaires. Si après l’avoir donné en aumône, il découvre ses propriétaires, ils leurs donne le choix entre attester ce qu’il a fait et se faire rembourser son argent. »

Et Allah sait mieux

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