Notre noble Prophète (Salla Allahou Alaihi wa Sallam) nous a ordonné de nous prémunir par des invocations lors du coucher, en entrant aux toilettes, en sortant de la maison et en y entrant, et il a prescrit les invocations du matin et du soir, ainsi que d’autres encore.
Mais si une personne commet un péché, telle que la médisance, un regard interdit, le mensonge, ou d’autres péchés mineurs ou majeurs, la protection qu’elle a acquise par les invocations est-elle alors levée ?
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Nous ne connaissons — d’après ce qui nous est parvenu des textes authentiques — aucune preuve indiquant que la protection acquise par les invocations serait levée en raison de la commission de péchés. Il est établi que les textes de la Sunna ont affirmé l’obtention de cette protection par les invocations, sans la conditionner à l’absence de tout péché.
Quiconque prétend que cette protection disparaît à cause d’un péché doit en apporter la preuve. Il est en effet indéniable que le péché fait partie de la nature humaine. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (que la prière et la paix soient sur lui) a dit :
« Tout fils d’Adam commet des fautes, et les meilleurs de ceux qui commettent des fautes sont ceux qui se repentent. »
Comment, dès lors, conditionner l’obtention de la protection à une chose qui relève de la nature même de l’être humain ? Si la protection était conditionnée à l’absence totale de péché, personne n’en bénéficierait.
Cependant, on peut dire que le fait de tomber dans certains péchés, qu’ils soient mineurs ou majeurs — tels que la médisance, le regard interdit ou le mensonge — peut affecter la perfection de cette protection ou en affaiblir l’effet, sans toutefois l’annuler complètement.
Car la foi constitue la plus grande forteresse de l’homme : elle se renforce par les actes d’obéissance et s’affaiblit par les péchés. Ces invocations — comme les autres actes d’obéissance — sont des causes de préservation et de protection ; leur effet peut être amoindri, totalement ou partiellement, en raison d’un empêchement ou du défaut d’une condition, comme lorsque l’invocation est prononcée uniquement par la langue sans la présence du cœur.
L’imam Ibn al-Qayyim (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit dans Al-Wâbil As-Sayyib :
« Le meilleur des rappels est celui dans lequel le cœur et la langue sont en accord. Le rappel du cœur seul est supérieur au rappel de la langue seule, car le rappel du cœur engendre la connaissance, suscite l’amour, éveille la pudeur, provoque la crainte, incite à la vigilance et détourne de la négligence dans les actes d’obéissance ainsi que de la complaisance envers les péchés et les mauvaises actions. Quant au rappel de la langue seule, il ne produit pas ces fruits ; et s’il en produit quelque chose, son effet reste faible. » Fin de citation.
Et Allah sait mieux.
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