Je suis une jeune femme musulmane, et le port du hijab mâa Ă©tĂ© imposĂ© par contrainte, sous la pression du regard des gens et par crainte de leurs critiques, et non par conviction intĂ©rieure ni par prĂ©paration psychologique.
Au dĂ©part, jâavais une conception prĂ©cise du hijab conforme Ă la loi islamique, fondĂ©e sur la pudeur, lâampleur des vĂȘtements et lâabsence dâornement. Cependant, jâai Ă©tĂ© qualifiĂ©e, pour cette raison, dâextrĂ©miste et de compliquĂ©e, et jâai fait lâobjet de propos tenus dans mon dos ; lâentourage social a ainsi rejetĂ© cette forme dâengagement.
Lorsque jâai refusĂ© de porter le hijab sous la forme courante (associĂ© Ă des vĂȘtements moulants ou Ă des parures), jâai finalement Ă©tĂ© contrainte de le porter, mais avec lâautorisation de mettre des pantalons et des vĂȘtements serrĂ©s, du maquillage et des accessoires, sous prĂ©texte quâil nây aurait pas de mal Ă cela et que lâessentiel serait uniquement de couvrir les cheveux. Cela mâa conduite Ă une profonde aversion pour le hijab et Ă un sentiment dâoppression, car je suis convaincue que ce que je fais ne rĂ©alise pas lâobjectif du hijab lĂ©gifĂ©rĂ©.
Je prĂ©cise que je suis soucieuse dâobĂ©ir Ă Allah dans la mesure de mes capacitĂ©s : je Lâimplore constamment de mâaider et de mâinspirer un amour sincĂšre pour le hijab, exempt dâhypocrisie et dâostentation ; je mâattache Ă la lecture des invocations et du Coran, je mâefforce de le mĂ©moriser, je mâapplique Ă mâĂ©loigner de lâĂ©coute des chansons, et je jeĂ»ne surĂ©rogatoirement autant que possible. MalgrĂ© cela, je ressens toujours un conflit intĂ©rieur intense Ă propos du hijab, en raison de la contrainte et des formes dâengagement contraires Ă son objectif.
Chaque fois que jâessaie dâexpliquer Ă ma famille que, si je retirais le hijab temporairement, je mâengagerais Ă porter des vĂȘtements amples, couvrants et sans parure, on me rĂ©pond que cela courroucerait Allah et que retirer le hijab serait un pĂ©chĂ© plus grave, mĂȘme avec le respect de la pudeur. Lorsque je leur Ă©voque les hadiths prophĂ©tiques ou les objectifs du hijab, mes propos ne sont pas pris en considĂ©ration.
En consĂ©quence, je vous prie dâĂ©clairer le jugement religieux concernant les points suivants :
Quâest-ce qui est le plus grave, du point de vue religieux : porter le hijab avec des vĂȘtements moulants, des parures et du maquillage, ou retirer le hijab tout en respectant une tenue ample, couvrante et dĂ©pourvue de toute coquetterie ? Quel est le statut du hijab lorsquâil est imposĂ© Ă une jeune femme par contrainte et non par choix, au point de susciter en elle de lâaversion et du rejet ? Lâobjectif lĂ©gifĂ©rĂ© du hijab est-il atteint par la seule couverture des cheveux, ou bien la rĂ©alisation des conditions de pudeur et dâabsence de parure est-elle indispensable ? Quelle est lâorientation religieuse correcte dans la maniĂšre de traiter le cas dâune jeune femme qui souhaite soit sâengager pleinement dans le hijab lĂ©gifĂ©rĂ©, soit en diffĂ©rer le port, plutĂŽt que de se conformer Ă une pratique purement formelle contraire Ă son objectif ?
QuâAllah vous accorde la meilleure rĂ©compense, bĂ©nisse votre science et fasse profiter la communautĂ© de votre savoir.
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Il incombe à toute femme pubère de couvrir son corps et de dissimuler ses atours aux hommes étrangers. L’obligation ne se limite pas à la simple couverture des cheveux ; il est obligatoire pour la femme de couvrir l’ensemble de son corps — à l’exception du visage et des mains, selon la divergence connue — par des vêtements amples qui ne dessinent pas les formes, non transparents et dépourvus d’ornement. Si elle laisse apparaître son visage, il ne lui est pas permis d’y appliquer quelque forme de parure que ce soit.
Il n’y a pas d’obéissance due aux parents ou à quiconque dans l’abandon de cette obligation. Le rejet ou l’acceptation de la société environnante n’a aucune considération, et l’accomplissement de ce devoir ne dépend ni d’une conviction intellectuelle préalable ni d’un confort psychologique. Allah, exalté soit-Il, dit :
« Il n’appartient pas à un croyant ni à une croyante, lorsque Allah et Son Messager ont décidé d’une affaire, d’avoir encore le choix dans leur décision. Et quiconque désobéit à Allah et à Son Messager s’est certes égaré d’un égarement manifeste » (Coran 33/36).
Par conséquent, il ne t’est pas permis d’obéir à ta famille en portant des vêtements moulants ou non couvrants, ni d’appliquer des parures sur un visage découvert. À plus forte raison, il ne t’est pas permis de retirer entièrement le hijab, que ce soit de manière temporaire ou définitive, car cela constitue un péché plus grave et plus répréhensible encore.
L’argument consistant à différer le port du hijab sous prétexte de rechercher la conviction, l’épanouissement du cœur ou un acte exempt d’ostentation est un argument fallacieux ; il relève d’une ruse satanique et d’un subterfuge psychologique corrompu.
Notre conseil à ton intention est de te tourner sincèrement vers Allah, exalté soit-Il, d’apprendre ce qu’il t’est nécessaire de connaître des règles de la loi religieuse, et de t’attacher aux causes qui renforcent la foi et apaisent le cœur, telles que la fréquentation des femmes vertueuses, la méditation fréquente sur la mort et l’au-delà, la réflexion sur la création d’Allah, la méditation du Livre d’Allah, ainsi que l’abondance du rappel et de l’invocation.
Et Allah sait mieux.
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