J'ai acheté de l'or (un lingot) il y a huit ans. J'ai payé en espèces et je l'ai récupéré une semaine plus tard, sans savoir que cela constituait un acte usuraire (riba). J'ai toujours cet or en ma possession. Comment dois-je agir aujourd'hui pour me débarrasser de la part usuraire interdite ? M'est-il possible de le conserver, ou vaut-il mieux le vendre et faire de l'aumône (sadaqa) ?
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
L'achat d'or contre de la monnaie n'est valide qu'à la condition qu'il y ait prise de possession réciproque et immédiate lors de la séance de conclusion du contrat. En cas de défaut de cette condition de prise de possession, le contrat devient invalide (fassid), et la restitution réciproque des deux contreparties devient obligatoire : le vendeur récupère l'or, et l'acheteur récupère le prix payé.
Cependant, après une période aussi longue (huit ans), cette démarche n'est plus aisée. Même si elle s'avérait possible, elle causerait un préjudice considérable et disproportionné à l'acheteuse, en raison de la dépréciation monétaire due à l'inflation et du doublement du cours de l'or.
C'est pourquoi nous estimons qu'il suffit à l'intervenante de demander le pardon d'Allah Très-Haut, et qu'il n'y a aucun grief à ce qu'elle conserve cet or et en jouisse. En effet, elle ignorait le statut juridique au moment de la transaction. Allah Très-Haut dit :
« Celui donc qui reçoit une exhortation de son Seigneur et cesse, ce qui est passé lui reste, et son affaire relève d'Allah. » (Coran 2/275)
Et le Puissant et Majestueux dit :
« Nul grief ne vous sera tenu pour les erreurs que vous aurez commises involontairement ; mais seuls comptent les actes que vos cœurs ont accomplis délibérément. Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux. » (Coran 33/5)
Cheikh al-Islam Ibn Taymiyya a déclaré :
« Il en va de même pour tout contrat dont le musulman a cru la validité sur la base d'une interprétation issue d'un effort d'interprétation juridique (ijtihad) ou d'un avis admis : à l'instar des transactions usuraires autorisées par ceux qui admettent les stratagèmes juridiques (hiyal) ; du commerce de boissons fermentées litigieuses chez ceux qui en croient la validité ; ou encore des ventes comportant un aléa interdit (gharar) chez ceux qui en autorisent certaines formes. Dès lors que ces contrats ont été exécutés avec prise de possession sous le bénéfice de la conviction de leur validité, ils ne sauraient être résolus ultérieurement, ni par une décision judiciaire, ni par une rétractation de cet ijtihad. » (Fin de citation)
Pour plus de détails voire la fatwa n° 501658
Et Allah sait mieux.
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