Mon beau-frère m’a informé de son intention de prendre une seconde épouse aux côtés de ma sœur. Je lui ai répondu que je soutiendrais ma sœur dans la décision qu'elle choisirait de prendre, qu’il s’agisse de demeurer à ses côtés ou d’opter pour la séparation. Sachant pertinemment que ma sœur ne supportera pas de partager son époux avec une autre femme, je lui ai signifié que je ne demeurerais pas neutre. Suis-je fautif (ai-je commis un péché) en agissant de la sorte ?
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Il eût été préférable et plus convenable, dans vos relations avec votre beau-frère, de ne point lui déclarer de but en blanc et de manière aussi absolue que vous vous rangeriez du côté de votre sœur, et ce pour plusieurs considérations :
D'une part, le confronter d'une telle façon est de nature à blesser ses sentiments, alors que les alliés par alliance (al-ashâr) méritent une attention particulière empreinte d'égards et de bienveillance. Il est en effet établi dans le recueil authentique de Mouslim que le Messager d’Allah (
) a fait recommandation aux Compagnons (qu’Allah soit satisfait d'eux) à l’égard du peuple d’Égypte lors de sa conquête, motivant cela par les liens de parenté utérine (rahim) et d’alliance (sihr) qui les unissaient à eux :
« Vous allez conquérir l'Égypte, une terre où l'on utilise la mesure du qîrât. Lorsque vous l’aurez conquise, traitez ses habitants avec bienveillance, car ils ont un pacte de protection (dhimmah) et un lien de parenté (rahim) » — ou il a dit : « un pacte et un lien d'alliance ».
L’imam An-Nawawî commente dans son explication du Sahîh Mouslim :
« Quant à la "dhimmah", elle renvoie à l’inviolabilité et au droit (de protection). Quant au lien de parenté utérine (rahim), il est dû au fait que Hajar, mère d’Ismaël, était issue d’eux. Quant au lien d’alliance, il provient de Maria, mère d’Ibrahim, qui était également issue d’eux. » [Fin de citation].
D'autre part, de tels propos peuvent encourager votre sœur à engager un litige ou une discorde avec son conjoint si elle sait pouvoir compter sur votre soutien inconditionnel, alors même qu’elle pourrait ne pas être légitimement fondée à le faire.
Toutefois, dans la mesure où vous ne visiez pas nécessairement, par cette déclaration, à l’inciter indistinctement à ce qui ne lui est pas permis, et étant donné que vos paroles n’impliquent pas nécessairement un parti pris systématique contre le mari en toutes circonstances, nous ne pouvons affirmer que vous ayez d'emblée péché.
Néanmoins, nous vous mettons en garde contre le fait que l’élan protecteur (la fierté familiale) envers votre sœur — s’il venait à se remarier et qu’elle s'y opposait — ne vous conduise à vous immiscer dans leur ménage autrement que selon ce qu'exige l’intérêt légitime, en parfaite conformité avec la loi d’Allah, le Très-Haut.
Et Allah sait mieux.
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