Assalamou aleykoum wa rahmatoullah.
Il m’arrive de rester à la mosquée pour attendre la prière suivante mais parfois je suis envahi par la somnolence, ce qui perturbe énormément ma concentration. Quels conseils pourriez-vous me donner pour combattre ce phénomène ? Qu’en est il de mes ablutions dans ce cas ?
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Quant à l’impact d’une forte somnolence sur les ablutions, sachez tout d'abord que la somnolence (al-nou‘âs) est l’état où la personne ne perd pas totalement l’usage de ses sens, entendant les paroles de ceux qui l’entourent même sans les comprendre. Il est dit dans L’Encyclopédie Jurisprudentielle (Al-Mawsou‘a Al-Fiqhiyya) : « Al-Azhari a dit : "La véritable nature de la somnolence est l’assoupissement (as-sina) sans sommeil effectif. L’un des signes de la somnolence est d'entendre les paroles des personnes présentes, même sans les comprendre." Fin de citation. » Si c’est bien cet état que vous entendez par somnolence, la majorité des juristes considère qu'il n'annule pas les ablutions. Il est précisé dans L’Encyclopédie Jurisprudentielle Koweïtienne : « La majorité des juristes s’accorde à dire que les ablutions ne sont pas invalidées par la somnolence. En cas de doute quant à savoir si l’on a dormi ou seulement somnolé, refaire ses ablutions n'est pas obligatoire, car le statut d’origine reste la pureté rituelle ; il est toutefois recommandé de les renouveler. Zakariyya Al-Ansâri a dit : "Si quelqu'un voit un rêve et doute d'avoir dormi ou non, il lui incombe de refaire ses ablutions, car le rêve ne se produit que lors du sommeil."
Les hanafites ont précisé : "La somnolence en position allongée est soit lourde, soit légère. Si elle est lourde, elle constitue un état d’impureté rituelle (hadath [qui rompt les ablutions]) ; si elle est légère, elle n'en constitue pas un. Le critère de distinction entre la légère et la lourde est le suivant : si la personne entend ce qui se dit autour d'elle, elle est légère ; si la majeure partie de ce qui s'y dit lui échappe, elle est lourde."
Al-Bouhoûti a dit, rapportant les propos d’Ibn Al-Mounayyir : "La somnolence légère est tolérée, mais il est préférable pour les imams de mosquées de renouveler leurs ablutions." »
En revanche, si vous dépassez le degré de la simple somnolence mentionnée pour sombrer dans le sommeil effectif, l'avis juridique que nous émettons sur notre site divise le sommeil en trois catégories :
1. Le sommeil en position allongée : celui-ci annule les ablutions, qu’il s’agisse d’un sommeil court ou long.
2. Le sommeil en position assise : celui-ci n’annule pas les ablutions s’il est léger. C’est la doctrine d’Ahmad, de Mâlik, d’At-Thawri et d’Abou Hanifa, et c'est l'avis prépondérant sur notre site.
3. Les cas en dehors de ces deux positions : à savoir le sommeil en position debout, prosternée ou inclinée. Ce sommeil annule les ablutions selon Ach-Châfi‘i, ainsi que d'après une version rapportée de l'imam Ahmad.
Par conséquent, si vous somnolez légèrement alors que vous êtes assis, nous espérons qu'il ne vous sera pas obligatoire de refaire vos ablutions. Mais si la somnolence est si forte que le sommeil prend le dessus et que vous perdez toute perception, refaites alors vos ablutions.
Quant à la manière de surmonter cette somnolence, il ne s’agit pas là d’une question portant sur une règle juridique, et notre vocation est de répondre aux interrogations religieuses. Cependant, nous pouvons vous suggérer une action susceptible de dissiper votre somnolence : marcher de temps en temps dans la mosquée au lieu de rester assis. Ainsi, marcher d’un bout à l’autre de la mosquée tout en évoquant Allah le Très-Haut aidera sans doute à chasser votre torpeur.
Nous vous annonçons également la bonne nouvelle que le temps passé assis dans la mosquée à attendre la prière est récompensé par Allah le Très-Haut, si Allah le veut. Des hadiths sont venus préciser le mérite accordé à celui qui demeure dans la mosquée en attente de la prière. Ainsi, dans le hadith d’Abou Hourayra — qu’Allah soit satisfait de lui —, le Messager d’Allah (
) a dit : « Les anges prient sur l'un d'entre vous tant qu'il demeure à l'endroit où il a prié, tant qu'il ne rompt pas ses ablutions, en disant : "Ô Allah, pardonne-lui ! Ô Allah, fais-lui miséricorde !" L’un d'entre vous ne cesse d'être considéré en état de prière tant que c'est la prière qui le retient et que rien ne l'empêche de retourner auprès des siens si ce n'est la prière. » (Rapporté par Al-Boukhâri et Mouslim, le texte étant celui d’Al-Boukhâri).
Dans un autre hadith, le Messager d'Allah (
) a dit : « Ne vous indiquerai-je pas ce par quoi Allah efface les péchés et élève les degrés ? » Ils répondirent : « Certes oui, ô Messager d’Allah ! » Il dit : « Parfaire les ablutions malgré les désagréments [comme le froid ou la pénibilité], multiplier les pas vers les mosquées, et attendre la prière suivante après la prière accomplie ; voilà bien l’engagement ferme. » (Rapporté par Mouslim).
Et Allah sait mieux.
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