Je travaille dans le domaine de la plomberie. Au départ, mon intention était que mon activité relève de l'aumône continue (sadaqa jâriya), mais un ami m'a affirmé que l'aumône continue exige que l'on ne perçoive aucune rétribution financière. Ce qu'il dit est-il exact ? Si tel est le cas, comment puis-je obtenir une rétribution spirituelle (ajr) par mon travail, sachant que j'ai initialement choisi ce métier en pensant qu'il constituait une aumône continue, car j'achemine l'eau vers les foyers des musulmans et je répare la tuyauterie par laquelle circule l'eau ?
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager Mohammed ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
L'aumône continue correspond au bien de mainmorte (waqf) dont on tire profit du revenu ou de l'utilité tout en préservant le bien d'origine en lui-même, à l'instar du forage d'un puits, de la construction d'une mosquée, ou de tout bien analogue dont l'usage perdure avec la conservation de la substance du bien.
Al-Nawawî a exposé dans son commentaire du hadith : « Lorsque l'être humain meurt, ses actions cessent à l'exception de trois choses : une aumône continue... » :
« Les savants ont précisé : le sens du hadith est que les œuvres du défunt s'interrompent avec sa mort et le renouvellement de sa rétribution cesse, hormis pour ces trois choses, car il en a été la cause. En effet, l'enfant vertueux fait partie de ses acquis ; il en est de même pour le savoir qu'il transmet par l'enseignement ou la rédaction d'ouvrages ; et il en va de même pour l'aumône continue, qui n'est autre que le waqf (le bien de mainmorte). » Fin de citation.
Il est également mentionné dans Asnâ al-Matâlib :
« Selon les savants, l'aumône continue s'entend du waqf, comme l'a précisé Al-Râfi'î. » Fin de citation.
Dès lors, les prestations fournies par le plombier ne sont pas qualifiées d'aumône continue (sadaqa jâriya), car cette dernière requiert la constitution d'un waqf dont le capital ou la substance subsiste tandis que l'usufruit ou le profit est consommé. Néanmoins, il s'agit d'une activité licite pour laquelle la personne peut être récompense dans l'au-delà au titre de la recherche d'un gain licite et de l'excellence professionnelle, ainsi que si elle forme l'intention de rechercher l'agrément d'Allah, d'être bienfaisante envers autrui, et de coopérer à la satisfaction des intérêts et des besoins des membres de la communauté.
En outre, s'il effectue sa prestation au bénéfice d'un bien constitué en waqf (telle qu'une mosquée) et qu'il renonce à sa rémunération, en totalité ou en partie, avec l'intention de s'associer audit waqf, nous espérons qu'il obtiendra ce qu'il a visé : il sera alors considéré comme ayant contribué par son effort à l'édification de la mosquée, ce qui constitue une œuvre pieuse et profitable.
En revanche, lorsqu'il perçoit ses honoraires en contrepartie de son ouvrage, il recouvre pleinement son droit temporel et matériel. Lui demeure toutefois la récompense de la sincérité de l'intention, de la conscience professionnelle et de l'acquisition d'un revenu licite, sans pour autant qu'il soit juridiquement qualifié de donateur au titre d'une aumône continue.
Et Allah sait mieux.
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