Ma fiancée souhaite organiser une fête de mariage conforme aux prescriptions religieuses dans une salle. Or, chez nous, il est courant que les femmes ne portent pas, lors des mariages, une tenue couvrant les parties du corps qu’elles doivent dissimuler, même lorsqu’on leur rappelle cette obligation.
Précisons que la fête ne sera pas mixte. Même lorsque les règles vestimentaires sont respectées, la médisance et les propos colportés pour semer la discorde sont fréquents dans ces réunions.
Ma fiancée soutient que nous devons manifester notre joie et que le Messager d’Allah (Salla Allahou Alaihi wa Sallam) a indiqué qu’il était recommandé d’exprimer sa joie et son bonheur.
Ma question est la suivante : à qui incombera la responsabilité des manquements religieux si nous organisons une fête sans instruments de musique, en utilisant seulement le duff et des chants, et si nous rappelons aux invitées l’obligation de couvrir les parties du corps qui doivent l’être et de s’abstenir de toute médisance pendant la fête ?
Je crains de dépenser les biens qu’Allah nous a accordés — d’autant que ce type de réception représente une certaine somme — et de devoir, en plus, porter le poids de péchés.
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager Mohammed ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Nous demandons à Allah, le Très-Haut, de vous accorder le bonheur dans votre mariage, de vous bénir tous les deux, de vous unir dans le bien et de vous donner une descendance pieuse qui réjouisse vos cœurs.
Remerciez donc Allah que votre fiancée souhaite organiser une fête de mariage conforme aux prescriptions religieuses, sans mixité ni instruments de musique.
Il n’y a aucun mal à organiser cette célébration dans la salle en question, ni à y prévoir des divertissements et à jouer du duff. L’imam Ahmad rapporte, d’après ‘Abd Allah ibn Az-Zubayr — qu’Allah soit satisfait de lui —, que le Prophète (
) a dit :
« Annoncez publiquement ce mariage. »
Le Messager d’Allah (
) a également dit :
« Ce qui distingue le licite de l’illicite, c’est le duff et les voix qui se font entendre lors du mariage. »
Rapporté par Ahmad, At-Tirmidhî, An-Nasâ’î et Ibn Mâjah ; jugé bon par Al-Albânî et Al-Arna’ût.
An-Nasâ’î rapporte également, par l’intermédiaire de ‘Âmir ibn Sa‘d, que Qurazha ibn Ka‘b et Abû Mas‘ûd, tous deux parmi les Ansâr — qu’Allah soit satisfait d’eux —, ont dit :
« Il nous a été permis de nous divertir à l’occasion des noces… »
Al-Boukhârî rapporte, d’après ‘Â’isha — qu’Allah soit satisfait d’elle —, qu’elle avait accompagné une femme lors de ses noces avec un homme des Ansâr. Le Prophète (
) lui dit alors :
« Ô ‘Â’isha ! N’aviez-vous prévu aucun divertissement ? Les Ansâr apprécient pourtant les divertissements. »
Ibn Qudâma, l’auteur du Grand Commentaire, écrit :
« Ahmad a dit : “Il est recommandé de rendre le mariage public et de jouer du duff à cette occasion, afin qu’il soit connu de tous.” On lui demanda : “Qu’entendez-vous par duff ?” Il répondit : “Ce duff que l’on connaît.” Il ajouta : “Il n’y a pas de mal à chanter des vers d’amour lors des noces, comme dans ces paroles adressées par le Prophète (
) aux Ansâr : ‘Nous sommes venus à vous, nous sommes venus à vous ; saluez-nous et nous vous saluerons.’” » Fin de citation.
Quant aux personnes qui se livrent à la médisance ou commettent d’autres manquements, vous ne portez aucune responsabilité dès lors que vous ne les approuvez pas, que vous les avez mises en garde et leur avez interdit ces comportements répréhensibles.
Cheikh Al-Islam — qu’Allah lui fasse miséricorde — a dit :
« Si un homme entend des propos de mécréance, des mensonges, de la médisance, du chant ou le son d’une flûte sans l’avoir recherché, par exemple en passant dans une rue, il ne commet aucun péché, de l’avis unanime des musulmans. En revanche, s’il s’assoit pour les écouter sans les réprouver ni par le cœur, ni par la parole, ni par l’action, il commet un péché, de l’avis unanime des musulmans. Allah, le Très-Haut, dit en effet :
“Lorsque tu vois ceux qui se livrent à des propos offensants au sujet de Nos versets, détourne-toi d’eux jusqu’à ce qu’ils abordent un autre sujet. Et si Satan te fait oublier, alors, dès que tu te rappelles, ne reste pas avec les gens injustes. Ceux qui craignent Allah n’ont aucun compte à rendre pour eux ; il leur appartient toutefois de faire un rappel, afin que ces gens deviennent pieux.” (Coran 6/68-69)
Allah dit également :
“Il vous a déjà révélé dans le Livre que, lorsque vous entendez les versets d’Allah être reniés et tournés en dérision, vous ne devez pas rester avec ces gens jusqu’à ce qu’ils abordent un autre sujet. Sinon, vous seriez comme eux.” (Coran 4/140)
Il assimile ainsi celui qui reste assis à écouter sans réprouver à celui qui commet l’acte. C’est pourquoi l’on dit : “Celui qui écoute la médisance partage la faute de celui qui médit.”
Il est également rapporté : “Celui qui assiste à un péché et le désapprouve est comme celui qui n’y a pas assisté ; et celui qui n’y a pas assisté, mais l’approuve, est comme celui qui y a assisté.”
Si une personne y assiste par nécessité ou sous la contrainte, elle doit le réprouver dans son cœur, conformément à cette parole du Prophète (
) :
“Que celui d’entre vous qui voit un acte répréhensible le change par la main ; s’il ne le peut pas, qu’il le fasse par la parole ; et s’il ne le peut pas, qu’il le réprouve dans son cœur, et c’est là le degré le plus faible de la foi.” » Fin de citation.
Nous vous recommandons également d’éviter les dépenses forcées, le gaspillage et la démesure. Allah, exalté soit-Il, dit :
« Ne gaspille pas indûment. Les gaspilleurs sont les frères des diables, et le Diable est très ingrat envers son Seigneur. » (Coran 17/26-27)
Il dit également :
« Ne commettez pas d’excès, car Il n’aime pas ceux qui commettent des excès. » (Coran 6/141)
Allah, le Très-Haut, dit à Son Prophète (
) :
« Dis : “Je ne vous demande pour cela aucun salaire, et je ne suis pas de ceux qui s’imposent des contraintes artificielles.” » (Coran 38/86)
Al-Boukhârî rapporte que ‘Umar a dit :
« Il nous a été interdit de nous imposer des contraintes excessives. »
At-Tabarânî, Al-Hâkim et Al-Bayhaqî rapportent également que Salmân a dit :
« Le Messager d’Allah (
) nous a interdit de nous imposer des dépenses excessives pour recevoir un invité. »
Efforcez-vous donc d’organiser votre mariage en réduisant les dépenses susceptibles de vous conduire à contracter des dettes qui pèseront sur vous à l’avenir. En évitant les dépenses excessives et la démesure, vous préserverez les biens qu’Allah vous a accordés.
Et Allah sait mieux.
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