As-salâm ‘alaykum.
Je souhaite calculer ma zakat al-mâl selon le madhhab malikite. Je dois payer 1 700 € d’impôts en septembre. J’ai également acheté un appartement neuf en cours de construction et il me reste à verser 68 516,93 €. Cette somme est due contractuellement, mais le promoteur ne me l’a pas encore réclamée. Puis-je déduire ces deux dettes avant de calculer ma zakat ? BarakAllahu fikoum
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Si les biens dont vous souhaitez acquitter la Zakat font partie des biens sousjacents (al-amwâl al-bâtinah), tels que la monnaie, les marchandises destinées au commerce, ou autres biens similaires, la dette en annule la Zakat selon la majorité des oulémas, y compris les Malikites. Ainsi, si vous souhaitez verser la Zakat, déduisez vos dettes, même si elles sont à terme échu (différées) ou que leur créancier n'en a pas reclamé le remboursement. Si ce qui reste après déduction de vos dettes atteint ou dépasse le seuil minimal (Nissâb), la Zakat devient obligatoire ; dans le cas contraire, elle ne l'est pas.
Cependant, si vous possédez d'autres biens excédant vos besoins fondamentaux et non soumis à la Zakat — comme des voitures ou des biens immobiliers destinés à la location —, affectez-les à la couverture de la dette, et acquittez la Zakat sur la totalité de votre argent sans en déduire la dette.
Il est rapporté dans l'Encyclopédie Fiqhiyya du Koweït :
« La plupart de ceux qui soutiennent que la dette annule la Zakat à hauteur de son montant sur les biens soumis à la Zakat ont posé comme condition que le redevable ne trouve aucun autre bien pour rembourser sa dette en dehors de celui soumis à la Zakat. S'il possède un autre bien excédant ses besoins fondamentaux, il l'affecte à la couverture de la dette afin de préserver le bien soumis à la Zakat, et en acquitte ainsi la Zakat. » Fin de citation.
Quant aux impôts prélevés par l'État sur une personne en particulier, ils constituent une dette ferme à sa charge et se voient donc appliquer le même statut juridique que les dettes, comme l'ont stipulé certains oulémas.
On lit dans les Fatawa d'Al-Ifta Al-Misriyyah (de l'ancien Mufti, Cheikh Jadd al-Haqq 'Ali Jadd al-Haqq, qu'Allah lui fasse miséricorde) :
« Il est permis de déduire les impôts du capital soumis à la Zakat en les considérant comme une dette due par le propriétaire du bien envers l'État, et non en les déduisant directement du montant de la Zakat à verser. » Fin de citation.
Et Allah sait mieux.
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