Lorsqu’une personne possède une somme d’argent en espèces ainsi que des bijoux en or conservés comme épargne et non destinés à la parure, comment doit-on calculer le seuil d’imposition (nisâb) de la zakât à la fin de l’année, selon l’école chaféite ?
Faut-il convertir la somme d’argent en son équivalent en poids d’or, puis l’ajouter au poids de l’or épargné ? Ou bien faut-il convertir le poids de l’or épargné en sa valeur monétaire, puis ajouter celle-ci à la somme d’argent que la personne possède ?
Qu’Allah vous récompense en bien.
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Selon l’école chaféite, lorsque les bijoux sont conservés à des fins de thésaurisation et en tant que réserve de valeur, et non pour être portés comme parure licite, ils sont soumis à la zakât, à l’unanimité des juristes de l’école chaféite, s’ils atteignent à eux seuls le nisâb et qu’une année entière s’est écoulée depuis lors.
Le nisâb de la zakât sur l’or est de 85 grammes d’or pur à 24 carats.
Si la somme d’argent que vous possédez permet d’acheter la quantité d’or nécessaire pour compléter le nisâb, la zakât devient alors obligatoire sur l’ensemble de l’argent et de l’or, car les monnaies fiduciaires tiennent lieu d’or et d’argent du fait qu’elles servent de moyens de paiement.
Il est dit dans Al-Fiqh al-Manhajî ‘alâ Madhhab al-Imâm ash-Shâfi‘î : « Il ressort de l’étude historique que la valeur de deux cents dirhams d’argent équivalait, aux débuts de l’islam, à vingt mithqâls d’or. C’est sur cette base que chacun de ces deux montants constituait le nisâb à partir duquel la zakât devenait obligatoire.
Par la suite, un écart est apparu entre leurs valeurs en raison de la variation de la valeur de l’or, si bien que la valeur de vingt mithqâls d’or est devenue largement supérieure à celle de deux cents dirhams d’argent, comme c’est le cas aujourd’hui.
Quoi qu’il en soit, celui qui possède des billets de banque peut les considérer comme tenant lieu d’or ou, s’il le souhaite, comme tenant lieu d’argent métal ; ils deviennent alors soumis à la zakât […].
Par précaution en matière religieuse, il convient d’adopter ce qui est le plus avantageux pour le pauvre et d’évaluer ces billets selon le métal dont la valeur est la plus faible, afin d’être certain de s’être acquitté de son obligation devant Allah, exalté soit-Il. Ainsi, si leur évaluation selon l’argent métal aboutit à un nisâb inférieur à celui obtenu en les évaluant selon l’or, il convient de les évaluer sur la base de l’argent métal, afin que la zakât devienne obligatoire et qu’elle soit acquittée. » Fin de citation.
Ainsi, si vous évaluez la somme d’argent que vous possédez en son équivalent en or et que vous l’ajoutez à l’or que vous détenez comme épargne, et que le total atteint 85 grammes d’or pur à 24 carats — soit le nisâb de la zakât sur l’or —, la zakât devient obligatoire dès lors qu’une année lunaire complète s’est écoulée pendant laquelle ce nisâb n’est pas descendu en dessous du seuil requis.
La quantité à acquitter est alors le quart du dixième, soit 2,5 %, que l’on peut verser en poids d’or ou en donner la valeur équivalente.
Et Allah sait mieux.