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Attitude des pieux prédécesseurs durant la première décade de Dhul-Hidja

Attitude des pieux prédécesseurs  durant la première décade de Dhul-Hidja

Louanges à Allah, Seigneur des mondes. J'atteste que nul n'est digne d'être adoré en dehors d'Allah. Nul ne peut Lui être associé. J'atteste que le Prophète Mohammad () est le serviteur d'Allah et Son Messager. Que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui ainsi que sur sa famille et ses Compagnons.

Le mois de Dhul-Hidja est un noble mois et une période magnifique. C'est le mois du pèlerinage et du pardon. C'est le mois de la halte sur le mont 'Arafat. C'est le mois où les musulmans se rapprochent d'Allah, exalté soit-Il, en accomplissant le pèlerinage, la 'Umra, la prière, le jeûne, l'aumône, en immolant des bêtes et en implorant le pardon d'Allah, exalté soit-Il. La première décade est bénie et elle constitue les jours déterminés mentionnés dans le verset (sens du verset) : « Appelle les hommes au Hadj (le pèlerinage) : ils viendront vers toi à pied, ou à dos de monture efflanquée, par les chemins les plus éloignés, pour être témoins des avantages (qui leur seront réservés), et invoquer en des jours déterminés le nom d’Allah sur ce qu’Il leur a dispensé comme bétail.» (Coran 22/27 et 28). Ibn 'Abbâs, qu'Allah soit satisfait de lui, dit que les jours déterminés sont ceux de la première décade de Dhul-Hidja .

Allah, exalté soit-Il, a juré par ces dix jours dans le verset suivant (sens du verset) : « Par l’Aube ! Et par les dix nuits ! » (Coran 89/1-2). Donc cette décade est meilleure que toute autre en ce qui concerne l'accomplissement des bonnes actions. Il est prescrit au musulman d'accomplir pendant cette décade toutes les bonnes actions qu'il peut faire, afin de pouvoir jouir du pardon d'Allah, exalté soit-Il, et d’être affranchi de l'Enfer.

Selon Ibn 'Abbâs, qu'Allah soit satisfait de lui, le Messager () a dit : « Il n’y a pas de jours où les bonnes œuvres sont plus aimées d’Allah que durant ces dix jours.
– “Pas même les jours où l’on lutte pour la cause d’Allah ?”, lui ont demandé les Compagnons.
– “Pas même les jours où l’on lutte pour la cause d’Allah, à moins qu’un homme y engage sa personne et sa fortune, et ne revienne ni avec l’une ni avec l’autre”,  a répondu le Prophète () (Boukhari).

Le Messager () a mentionné dans ce hadith que les dix premiers jours de Dul-Hidja figurent parmi les jours les plus importants de l'année et il nous a incités à y accomplir des œuvres pies.

Selon Ibn 'Umar, qu'Allah soit satisfait de lui, le Messager () a dit : « Il n’y a pas de jours plus grandioses aux yeux d’Allah et où les bonnes œuvres Lui sont plus chères que ces dix jours. Multipliez-y donc le Tahlîl, le Takbîr et les Tahmîd » (Ahmad). Ce hadith nous incite à évoquer Allah, exalté soit-Il, et à Lui obéir (encore plus) durant ces dix jours.

Qu'est-ce que nos pieux prédécesseurs faisaient durant cette décade ? Et quelles sont les œuvres qu'ils multipliaient et qu'ils étaient particulièrement soucieux de faire ?

Les pieux prédécesseurs donnaient une importance particulière à  ces dix jours. Mohammad ibn Nasr a rapporté qu'Abû 'Uthmân al-Nahdî a dit : « Les pieux prédécesseurs donnaient une importance particulière à  trois décades : la première décade de Muharram, la première décade de Dhul-Hidja et la dernière décade de Ramadan. » (Al-Durr al-Manthûr).

Premièrement : traditions rapportées au sujet des mérites de ces dix jours


1- Anas, qu'Allah soit satisfait de lui, a dit : « On disait à propos des dix premiers jours de Dhul-Hidja : “Chacun de ces dix jours a le mérite de mille jours (ordinaires) et le jour de 'Arafat a le mérite de dix mille jours”. » (Al-Bayhaqî)
2- Al-Awzâ'î, qu'Allah lui fasse miséricorde, a dit : « On m'a informé qu’une bonne œuvre accomplie durant les dix premiers jours de Dhul-Hidja a le mérite d'une bataille pour la cause d'Allah menée en jeûnant et en montant la garde de nuit. Tomber en martyr est toutefois plus méritoire. » (Al-Bayhaqî).

Deuxièmement : dix jours d’efforts spirituels


Les pieux prédécesseurs déployaient des efforts considérables en accomplissant de bonnes actions pendant ces dix jours. À titre d’exemple :

1- Lorsque les dix premiers jours de Dhul-Hidja arrivaient, Sa'îd ibn Djubayr, qu'Allah lui fasse miséricorde, faisaient d'énormes efforts qu'il pouvait à peine supporter.» (al-Dârimî).
2- Sa'îd ibn Djubayr, qu'Allah lui fasse miséricorde, dit aussi : « N'éteignez pas vos lampes durant les nuits des dix premiers jours de Dhul-Hidja (pour ne pas dormir) ». Il disait aussi : « Réveillez vos serviteurs pour qu'ils prennent le repas de Suhûr afin qu'ils jeûnent le jour de 'Arafat. » (Siyar A'lâm al-Nubalâ').

Troisièmement : dix jours de jeûne


Hunayada ibn Khâlid, a entendu sa femme rapporter de l'une des épouses du Messager () que celui-ci jeûnait les neuf premiers jours de Dhul-Hidja, le jour de 'Achûrâ' (le dix Muharram), trois jours de chaque mois et le premier lundi et jeudi de chaque mois. » (Ahmad, Abû Dawûd et al-Nasâ'î).

Quant à la ligne de conduite des pieux prédécesseurs concernant le jeûne des dix premiers jours de Dhul-Hidja et de ses mérites, la tradition rapporte ce qui suit :
1- Al-Hasan al-Basrî, qu'Allah lui fasse miséricorde, a dit : « Jeûner l'un des dix premiers jours de Dhul-Hidja équivaut à jeûner deux mois. » (Al-Durr al-Manthûr)
2- Al-Awzâ'i, qu'Allah lui fasse miséricorde, a dit : « On m'a informé qu’une bonne œuvre accomplie durant les dix premiers jours de Dhul-Hidja a le mérite d'une bataille pour la cause d'Allah menée en jeûnant et en montant la garde de nuit. Tomber en martyr est toutefois plus méritoire.» (Al-Bayhaqî)
3- Abdallah ibn 'Awn, qu'Allah lui fasse miséricorde, a dit : « Mohammad ibn Sirîn jeûnait les neuf premiers jours de Dhul-Hidja et après avoir rompu le jeûne pendant les jours du Tachrîq (jours où il est interdit de jeûner), il ne jeûnait pas pendant autant de jour. » (Musannaf d’Ibn Abî Chayba)
4- Layth ibn Abî Salîm, qu'Allah lui fasse miséricorde, a dit : « Mudjâhid jeûnait les neuf premiers jours de Dhul-Hidja et disait que 'Atâ’ avait l'habitude de les jeûner. » (Musannaf d'Ibn Abî Chayba).
5- 'Îsâ ibn 'Alî ibn Abdillah ibn 'Abbâs, qu'Allah lui fasse miséricorde, jeûnait ces neuf jours. (Al-Muntazim d'Ibn al-Djawzî).

Quatrièmement : dix jours d'évocation d'Allah, exalté soit-Il


Nos pieux prédécesseurs s'adonnaient à l'évocation d'Allah pendant ces dix jours.
1- Mudjâhid, qu'Allah lui fasse miséricorde, a dit : « Abû Hurayra et Ibn 'Umar se rendaient au souk durant les neuf premiers jours de Dhul-Hidja et prononçaient le Takbîr et les gens le prononçaient après eux. Ils ne se rendaient au souk qu’à cette fin ». (Akhbâr Makka d'al-Fâkihî).
2- Thâbit al-Bunâni, qu'Allah lui fasse miséricorde, a dit : « Les gens proclamaient la grandeur d’Allah (Takbîr) pendant les dix premiers jours jusqu'à ce qu'al-Hadjjâdj leur interdise de le faire, mais à La Mecque les gens le font jusqu'à nos jours ; notamment dans les marchés. » (Akhbâr Makkah d'al-Fâkihî).
3- Mudjâhid, qu'Allah lui fasse miséricorde, jugea détestable la récitation du Coran au cours d'un Tawâf effectué durant les dix premiers jours de Dhul-Hidja et recommanda qu'on s'y limite à la prononciation du Tasbîh, du Tahlîl et du Takbîr  et ne contesta pas la récitation du Coran dans le Tawaf en dehors de ces jours.  (Akhbâr Makka d'al-Fâkihî).
4- Miskîn ibn Dinâr Abû Hurayra al-Taymî, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit : « J'ai entendu Mudjâhid dire lorsqu'il a entendu un homme proclamer la grandeur d’Allah (Takbîr) : “Pourquoi cet homme ne hausse-t-il pas la voix ? En effet, j'ai été contemporain des Compagnons et j’entendais l'un d'eux proclamer la grandeur d’Allah dans la mosquée et sa voix retentissait, puis parvenait aux habitants de la vallée ainsi qu’à ceux du désert, bien qu’elle n'émanait que d'un seul homme !” » (Musannaf d'Ibn Abî Chayba).

Cinquièmement : dix jours qui ont une haute estime chez les pieux prédécesseurs

Les pieux prédécesseurs, qu'Allah leur fasse miséricorde, tenaient en haute estime ces dix jours, ils n'y commettaient aucun péché, si bien qu’ils s’abstenaient de rapporter des hadiths jugés faibles ou même peu fiables.

1- Al-Bardhâ'i, qu'Allah lui fasse miséricorde, dit parmi les questions qu'il adressa  à Abû Zur'ah al-Râzî : « J'ai interrogé Abû Zur'a sur le hadith d'Ibn Abî Hâla qui porte sur ce que faisait le Messager () durant les dix premiers jours de Dhul-Hidja. Mais il a refusé de me rapporter ce hadith et m'a dit : “Ce hadith comporte des propos qui, je le crains, n’ont pas été authentiquement rapportés du Messager ().” Et lorsque j'ai insisté pour qu'il le rapporte, il m'a dit : “Retardons donc la mention de ce hadith jusqu'à ce que les dix  premiers jours de Dhul-Hidja se soient écoulés car je déteste rapporter un pareil hadith durant ces jours-ci.” Il parlait du hadith rapporté par Ibn Ghassân d'après  Djumay' ibn 'Umar.
2- Ibn Abî Hâtim, qu'Allah lui fasse miséricorde, a dit : « J'ai entendu mon père dire : “Je me suis rendu chez Yahya ibn May'în durant les dix premiers jours de Dhul-Hidja alors que j'avais avec moi un support où se trouvaient des hadiths consignés (c’est-à-dire : avec les noms des transmetteurs). Je lui posais des questions sans lui montrer ce support, et il me répondait et alors que je multipliais les questions, il me dit : ‘Tu as des notes, n'est-ce pas ?’
– ‘Oui’, je lui ai répondu.
Puis il prit ce support, le lu et dit : ‘Tu te comportes ainsi envers moi depuis tous ces jours alors que tes questions sont notées.’ Puis il refusa de me répondre et dit : ‘Si tu m’avais interrogé d'après ce que tu as mémorisé, je t’aurais répondu, mais si tu poses des questions consignées sur un support, je refuse de te répondre.’” » (Al-Djarh wa-l-Ta'dîl).
Certains s'abstenaient d'enseigner le savoir et les hadiths à leurs élèves durant ces dix jours. Al-Athram a dit : « Nous nous sommes rendus chez Abû Abdillah, l'imam Ahmad ibn Hanbal  durant les dix premiers jours de Dhul-Hidja, et il dit : “Abû 'Awâna a dit : ‘Lorsque nous nous rendions chez Sa'îd al-Djarîrî durant les dix premiers jours, il disait : – Ce sont des jours bien remplis et l'homme a des requêtes à présenter à son Seigneur, or, il est de nature à se lasser rapidement, il ne faut donc pas le détourner de ce qu'il fait durant cette décade.’” »

D’autres imitaient les pèlerins lorsque les dix premiers jours de Dhul-Hidja venaient. Ibn Djuraydj  a dit : « Abû Djirâb, alors gouverneur de La Mecque, ordonna à 'Atâ’, de se mettre en état de sacralisation dès la vue de la nouvelle lune de Dhul-Hidja. Il proclamait la Talbiya haut et fort parmi nous alors qu'il n'était pas en état de sacralisation. Jadis, les habitants de La Mecque agissaient de la sorte et leurs jurisconsultes incitaient les gens  à se détacher des plaisirs de ce bas monde, imitant ainsi les pèlerins. » (Akhbâr Makkah d'al-Fâkihî).

Sixièmement : Diversification des actes d’adoration chez les pieux prédécesseurs
 

Nos pieux prédécesseurs, qu'Allah soit satisfait d'eux, diversifiaient les actes d’adoration qu'ils accomplissaient durant les dix premiers jours de Dhul-Hidja de façon à ce qu’ils soient le plus nombreux possible :
1- 'Umar ibn al-Khattâb, qu'Allah soit satisfait de lui, a dit : « Il n'y a pas de mal à rattraper les jours de jeûne manqués au mois de Ramadan durant les dix premiers jours de Dhul-Hidja. » (Musannaf d'Ibn Abî Chayba).
2- Al-Hasan al-Basrî, qu'Allah lui fasse miséricorde, jugeait détestable le fait d'effectuer un jeûne volontaire alors que l'on avait des jours de jeûne obligatoire manqués (du mois de Ramadan), excepté durant la première décade de Dhul-Hidja. » (Musannaf d'Ibn Abî Chayba).
3- Sadaqa ibn Yasâr a dit : « J'ai entendu Ibn 'Umar, qu'Allah soit satisfait de lui et de son père, dire : “Accomplir une 'Umra durant la première décade de Dhul-Hidja m'est préférable à l'accomplir durant les autres décades.” J'en ai parlé à Nâfi' qui m'a dit alors : “Oui, une 'Umra accompagnée d’un Hady (bête à sacrifier) ou d'un jeûne, lui est préférable à une 'Umra qui n'est pas accompagnée d'un Hady ou d'un jeûne.”  (Musannaf d'Ibn Abî Chayba).
4- 'Abdallah ibn Abî Mulayaka dit : “'Abdallah ibn al-Zubayr, qu'Allah soit satisfait de lui, accomplissait, durant la première décade de Dhul-Hidja, la prière de Dhuhr, puis il installait le minbar pour s'asseoir dessus entre la prière de Dhuhr et celle de 'Asr pour enseigner aux gens les rites du pèlerinage.” (Akhbâr Makka d'al-Fâkihî).
5- Abû Ma'n, qu'Allah lui fasse miséricorde, a dit : « J'ai vu Djâbir ibn Zayd et Abû al-'Âliya accomplir la 'Umra durant la première décade de Dhul-Hidja. » (Musannaf d'Ibn Abî Chayba).
6- Al-Hâfidh ibn 'Asâkir, qu'Allah lui fasse miséricorde, effectuait une retraite pieuse (I'tikâf) durant le mois de Ramadan ainsi que durant la première décade de Dhul-Hidja. (Tadhkirat al-Huffâzh).
Avant de conclure, je demande à Allah, exalté soit-Il, de nous accorder, de par Sa générosité et Sa munificence, le succès dans l’accomplissement des bonnes actions, et l’abandon des actes blâmables notamment durant la première décade du mois de Dhul-Hidja ainsi que durant tous les autres jours de l'année, comme c'était le cas de nos pieux prédécesseurs. Je Lui demande également de nous accorder le succès en nous permettant de tirer profit de cette décade comme il se doit. Il se charge de cela et est Capable de le faire.

Que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur Son Prophète, Mohammad, ainsi que sur sa famille et à ses Compagnons.
 

Par Sultan ibn Fahd al-Tubaychi

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