Je travaille dans le domaine du recrutement et je perçois une commission pour chaque personne que je recommande auprès d’une entreprise de centre d’appels (call center), à condition qu’elle soit recrutée et qu’elle y demeure en poste.
Si d’anciens employés de ces entreprises m’informent de l’existence de pratiques frauduleuses ou illicites en leur sein, ou si j’ai moi-même travaillé auparavant dans l’une d’elles avant de la quitter parce que ses responsables m’avaient demandé de participer à des actes frauduleux, m’est-il alors religieusement interdit de recommander des personnes pour y travailler ?
Le jugement diffère-t-il selon que je suis certain que ces pratiques ont systématiquement lieu ou que je n’ai que de simples doutes ou présomptions, sans certitude ?
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Il n’y a aucun mal à travailler dans un central téléphonique chargé des communications et du transfert des appels, sauf si l’employé sait que l’auteur de l’appel cherche à accomplir une chose interdite par la religion. Dans ce cas, il ne lui est pas permis de l’y aider. Allah, exalté soit-Il, dit :
« Entraidez-vous dans l’accomplissement des bonnes œuvres et de la piété, et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. » (Coran 5/2)
Quant au jugement relatif au fait de mettre des demandeurs d’emploi en relation avec des entreprises qui se livrent à la fraude ou à la tromperie, il dépend du degré de connaissance que vous avez de ces pratiques. Si vous êtes certain que de telles pratiques illicites ont lieu systématiquement, il ne vous est pas permis d’orienter des demandeurs d’emploi vers ces entreprises.
La forte présomption fondée sur des indices probants est, en la matière, assimilée à la certitude ; le jugement ne diffère donc pas entre les deux.
Ibn Nujaym a dit dans Al-Ashbâh wa an-Nazâ’ir :
« Selon les jurisconsultes, la forte présomption est assimilée à la certitude, et c’est sur elle que se fondent les jugements. Cela apparaît clairement à quiconque examine leurs propos dans les différents chapitres du droit. » Fin de citation.
Al-Maqqarî a dit dans ses Qawâ‘id :
« Ce qui est pris en considération concernant les causes, l’absence de responsabilité et tout ce dont découlent les jugements, c’est la connaissance certaine. Toutefois, comme celle-ci est impossible ou difficile à obtenir dans la plupart de ces situations, la présomption lui a été substituée en raison de sa proximité avec elle. » Fin de citation.
Il ressort donc de ce qui précède que le jugement religieux dépend du degré de connaissance, de certitude ou de forte présomption. Lorsque la certitude est acquise, ou qu’une présomption repose sur un indice probant, il devient interdit d’orienter des candidats vers ces entreprises. Plus la connaissance ou la certitude quant à l’existence de pratiques illicites est grande, plus l’interdiction de contribuer à celles-ci est impérative.
Et Allah sait mieux.
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