Il y a longtemps, j’ai pardonné à une personne un tort qu’elle m’avait causé. Cependant, elle m’a de nouveau fait du tort. Commettrais-je un péché si je revenais sur mon pardon ?
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Pardonner à celui qui a commis une faute est recommandé et encouragé par la législation islamique. C’est une noble vertu qu’Allah aime, un moyen d’obtenir Son pardon et Sa miséricorde, ainsi qu’une voie vers l’honneur et la dignité. Allah, exalté soit-Il, dit :
« Qu’ils pardonnent et absolvent. N’aimez-vous pas qu’Allah vous pardonne ? Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux. » (Coran 24/22)
Dans son Sahîh, Muslim rapporte, d’après Abû Hurayra, qu’Allah soit satisfait de lui, que le Messager d’Allah (
) a dit :
« […] Allah ne fait qu’accroître l’honneur du serviteur qui pardonne, et quiconque fait preuve d’humilité pour Allah, Allah l’élève. » Rapporté par Mouslim et d’autres.
Il convient donc de lui pardonner cette fois encore, comme vous l’avez fait auparavant. Toutefois, si vous choisissez de ne pas lui pardonner et de réclamer votre droit, vous ne commettez aucun péché. Lorsque le refus de pardonner est plus bénéfique, il peut même être préférable. Le pardon n’est donc pas recommandé de manière absolue : il l’est lorsqu’il est plus bénéfique. Ainsi, si la personne dont vous parlez est connue pour sa malveillance et ses agissements répréhensibles, et que le pardon l’encourage à persister dans le mal, il n’est pas recommandé de lui pardonner.
Par ailleurs, obtenir réparation auprès de l’auteur d’une injustice et faire valoir son droit doit se limiter à la mesure du tort subi. Il n’est pas permis de lui infliger un tort supérieur à celui qu’il a causé. Allah, exalté soit-Il, dit :
« La rétribution d’une mauvaise action est une mauvaise action équivalente. » (Coran 42/40)
Quant au fait de revenir sur le pardon que vous lui avez accordé pour le premier tort, cela n’est pas possible. En lui pardonnant, vous avez renoncé à votre droit et ne pouvez donc plus revenir sur cette renonciation. Al-Boukhârî a ainsi intitulé un chapitre de son Sahîh :
« Lorsqu’une personne décharge l’auteur d’une injustice de sa responsabilité envers elle, elle ne peut revenir sur cette décision. »
Dans Fath al-Bârî, le hâfidh Ibn Hajar précise :
« Cela concerne les injustices passées, de l’avis unanime des savants. » Fin de citation.
Parmi les règles établies par les jurisconsultes figure celle-ci : « Un droit éteint ne renaît pas. » On lit ainsi dans l’Encyclopédie juridique koweïtienne :
« Ce qui est éteint ne renaît pas : il est établi que ce qui est éteint prend fin, disparaît et devient comme inexistant. » Fin de citation.
Et Allah sait mieux.
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