Je traversais une période psychologiquement difficile et ressentais une profonde détresse, car je cherchais un emploi et pensais que c’était la solution pour gagner de l’argent, me marier et vivre. Je donnais auparavant 10 % de mon salaire en aumône. J’ai alors invoqué Allah en disant : « Seigneur, je Te promets que, si je suis recruté, je donnerai 20 % de mon salaire en aumône et que, chaque fois que mon salaire augmentera, j’augmenterai la part consacrée à l’aumône pour la porter à 30 %, puis à 40 %. » Toutefois, je ne peux pas affirmer avec certitude avoir prononcé le mot « vœu ».
J’ai obtenu cet emploi, mais j’ai oublié mes paroles pendant près de trois ans. Je continuais néanmoins à faire une aumône mensuelle et, chaque fois que je me rappelais cette affaire, je me disais : « Je donne bien une aumône. » Puis, à la suite de lectures, j’ai appris que cela pouvait constituer un vœu. J’ignorais les règles applicables et ne savais pas que faire un vœu était déconseillé ni que j’avais commis une erreur en agissant ainsi.
Au cours de ces trois années, j’ai acheté un appartement pour ma mère et un autre pour moi afin d’y vivre après mon mariage. Il me reste une épargne équivalant à environ neuf mois de salaire, que je réserve aux frais du mariage de ma sœur et du mien. Par ailleurs, mon emploi ne me donne droit à aucune pension de retraite et je souhaite assurer ma subsistance après avoir cessé de travailler. Mon salaire est de 10 000 dirhams émiratis, que je dépense en Égypte. J’avais déjà augmenté le montant de 744 dirhams. Mes dépenses actuelles, pour ma mère et moi, s’élèvent à environ 2 744 dirhams, en plus de l’aumône mensuelle, sachant que je ne suis pas encore marié.
Que dois-je faire ? Je sais que j’ai commis une erreur et je suis aujourd’hui terrifié par cette parole d’Allah, le Très-Haut : « Il a donc suscité l’hypocrisie dans leurs cœurs, jusqu’au jour où ils Le rencontreront, pour avoir manqué à leur promesse envers Allah et pour avoir menti. » (Coran 9/77)
Si mon engagement implique d’augmenter progressivement le pourcentage consacré à l’aumône, aussi bien pour les trois années écoulées que pour l’avenir, que suis-je tenu de faire ?
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager Mohammed ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Le simple fait de dire : « Seigneur, je Te promets que, si j’obtiens un emploi, je donnerai telle somme en aumône » ne constitue pas, à lui seul, un vœu, à moins que ces paroles ne soient accompagnées de l’intention d’en faire un. En effet, un vœu ne se constitue que par une formulation exprimant un engagement contraignant. Une simple promesse ne constitue donc un vœu que si elle est accompagnée de cette intention. Elle devient alors une formulation indirecte du vœu, laquelle suffit, selon l’avis correct, à le rendre valide. Dans ce cas, il est obligatoire de l’accomplir.
Al-Khatîb al-Chirbînî écrit dans Mughnî al-Muhtâdj :
« La formulation doit comporter des termes exprimant un engagement contraignant. Le vœu ne se constitue donc pas par la seule intention […] Il convient de considérer, comme l’a dit notre maître, qu’il se constitue également par une formulation indirecte employée par une personne capable de parler, dès lors qu’elle est accompagnée de l’intention correspondante.
Al-Adhra‘î a dit : “Il est encore plus fondé d’admettre qu’il se constitue par une telle formulation que de l’admettre pour la vente.” » Fin de citation.
Al-Ramlî écrit dans Nihâyat al-Muhtâdj :
« Cela exclut les formulations telles que : “Si Allah guérit mon malade, je restaurerai telle mosquée ou la maison d’Untel.” Ces paroles sont sans effet contraignant, car elles constituent une promesse dépourvue d’engagement. Toutefois, si leur auteur entend par là s’imposer cet engagement, il est tout à fait envisageable que le vœu soit valablement constitué. » Fin de citation.
Puisque vous doutez d’avoir prononcé une formule de vœu ou d’avoir eu l’intention d’en faire un au moment de votre promesse, le principe est de considérer que ni l’un ni l’autre n’a eu lieu. Vous n’êtes donc tenu à rien.
‘Izz al-Dîn ibn ‘Abd al-Salâm, qu’Allah lui fasse miséricorde, écrit dans Qawâ‘id al-Ahkâm :
« Parmi ces règles figure le maintien de la situation initialement établie. Ainsi, lorsqu’une personne est tenue d’accomplir une purification, une prière, une zakat, un pèlerinage, une ‘umra ou de s’acquitter d’une dette envers autrui, puis doute d’avoir accompli l’un des piliers ou rempli l’une des conditions de cette obligation, elle doit y pourvoir, car le principe est que cette obligation demeure à sa charge.
En revanche, si elle doute d’avoir été soumise à l’une de ces obligations, d’être redevable d’une dette ou d’un bien déterminé, d’avoir affranchi son esclave, répudié son épouse, formulé un vœu ou contracté l’un des engagements que nous avons mentionnés, rien de tout cela ne s’impose à elle. En effet, le principe est qu’elle est libre de toute obligation. Allah a créé tous Ses serviteurs libres, tant dans leur responsabilité que dans leur personne, de toute obligation envers Lui ou envers autrui, jusqu’à ce que soient établies les causes qui rendent ces obligations exigibles. » Fin de citation.
Si, en revanche, vous acquérez la certitude absolue d’avoir formulé un vœu en termes explicites, ou d’en avoir eu l’intention en employant une formulation indirecte, vous devrez alors l’accomplir. Les aumônes que vous avez versées avec l’intention de vous acquitter de ce vœu seront prises en compte. Vous devrez compléter ce qui reste dû : calculez ce que vous avez déjà donné et ce qui demeure à votre charge, puis versez le reliquat conformément à votre intention initiale.
En effet, il est obligatoire d’accomplir un vœu et il n’est permis de s’en délier qu’en cas d’incapacité totale, conformément à cette parole du Prophète (
) : « Que celui qui fait le vœu d’obéir à Allah Lui obéisse. » Rapporté par al-Boukhârî.
Et Allah sait mieux.
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